Paris, le 30 octobre 2003

Autres Points :
SALAIRES AFB : IL FAUT QUE ÇA BOUGE !
STATISTIQUES AFB
L'EGALITE HOMMES-FEMMES : QUELQUES POINTS DE REPERE
NEGOGIATIONS SALAIRES
PROJET DE REFORME FILLON


LA BRANCHE AFB TOURNE TOUJOURS AU RALENTI

 

C’est donc le 17 novembre que se tiendra la prochaine Commission paritaire de la banque. Son ordre du jour est déjà fixé : ce sont les questions qui n’ont pas été examinées le 20 octobre.

Il ne faut pas s’attendre à de grandes avancées sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication s’agissant de la mise en œuvre des recommandations des consultants de l’étude achevée avant les vacances d’été. De même, il serait très étonnant que l’AFB acceptât d’ouvrir un vrai débat de branche sur la santé au travail.

L’attitude restrictive, pour ne pas dire fermée, de la délégation patronale ne permet même pas de maintenir le bénéfice du doute en faveur de nos employeurs. Que dire de l’égalité professionnelle, sujet pour lequel l’AFB va probablement se contenter d’accomplir ses obligations légales sans négocier des dispositions concrètes au niveau de la branche. Il est vrai que l’AFB n’est pas la seule branche professionnelle à traîner les pieds sur ce thème.

Ainsi, l’ASF publie elle aussi des statistiques (voir pages 6 et 7) mais ses intentions ne sont pas meilleures en la matière que celle de l’AFB. S’agissant des statistiques, nous poursuivons la publication des statistiques salariales de l’AFB qui portent cette fois-ci sur la garantie salariale individuelle et sur les compléments de salaires (voir ci-après).

Il n’y a pas de grande révélation qui émerge de ces statistiques sinon qu’elles contribuent à renforcer nos demandes portant sur la nécessité de calculer la GSI en glissement annuel et de tenter d’objectiviser l’attribution des éléments variables du salaire.

L’AFB, dans son projet d’accord salarial portant sur les minima, que le Bureau de notre section fédérale examinera le 4 novembre, accepte l’idée de faire le point sur le fonctionnement de la GSI au premier semestre 2004 dans la perspective de la négociation salariale 2004. Elle ne refuse pas également de parler de la partie variable des rémunérations. Mais, on sent bien que, dans son esprit, cela ne devrait pas déboucher sur des mesures effectives avant un certain temps… Sera-t-elle mieux disposée à transposer au niveau de la branche le contenu de l’accord interprofessionnel sur la formation tout au long de la vie professionnelle ? L’avenir proche le dira.

Quoi qu’il en soit, on soulignera que trop d’attentisme risque de miner durablement le rôle de la branche professionnelle au moment où certains syndicats semblent prêts à tirer un trait dessus.

Le projet de réforme Fillon sur la négociation collective n’arrangera pas les choses s’il devait être adopté en l’état. A cet égard, on trouvera ci-après un tableau récapitulatif des changements envisagés et de leurs conséquences. Disons tout de suite que FO ne cautionnera pas la mise en œuvre de l’accord majoritaire. Oui au renforcement du droit d’opposition, non à la paralysie des négociations !

Evidemment nous nous heurterons à certains de nos partenaires syndicaux car il est des sujets où le compromis n’est pas possible. En attendant, faisons signer la pétition commune (voir page 2) sur les salaires réels, même si cette démarche peut paraître modeste, et respectons la consigne : pas de négociations salariales d’entreprise avant le 17 novembre.

Pierre GENDRE

 

 

 


 

FO - CFDT - CGT - SNB - CFTC

Octobre 2003

 

SALAIRES AFB
IL FAUT QUE ÇA BOUGE !

 

La Commission Nationale Paritaire du 20 octobre a été d’une pauvreté affligeante.

Les banquiers ont refusé toute mesure d’augmentation des salaires réels.

Alors que les taxes, les impôts locaux, les mutuelles… augmentent et que l’économie tourne au ralenti faute d’une consommation plus forte, les banquiers se plaignent de leurs " charges sociales ".

C’est ubuesque rapporté aux salaires des dirigeants qui ont progressé de 13 % en un an. Seule concession : une hausse des salaires minima qui pourrait toucher entre 1 et 3 % des salariés, en particulier ceux qui sont en contrats d’alternance.

Nous salariés de la profession bancaire, cadres ou techniciens exigeons :

Et une négociation assurant l’égalité de salaire entre les femmes et les hommes.

Nom

Prénom

Etablissement

Signature

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour avant le 14 novembre au siège des fédérations ou aux Délégués.

 

 

 


STATISTIQUES AFB

Dans la suite de la réunion de la Commission paritaire de la banque, nous reproduisons ci-après trois tableaux qui nous ont été remis par l'AFB concernant la garantie salariale individuelle et les compléments de salaires.

Le premier tableau sur la GSI recense par niveau le nombre de salariés dont l'ancienneté est supérieure à 4 ans et ceux ayant perçu la GSI ainsi que le montant annuel moyen de la GSI distribuée.

Le second tableau retient un échantillon de 10 banques (à vous de déterminer où vous vous situez) et de nous faire savoir quels sont les chiffres qui s'appliquent à votre établissement.

Le troisième tableau concernant les compléments de salaires indique une baisse conjoncturelle de la rémunération variable en 2002 par rapport à 2001.

 

GARANTIE SALARIALE INDIVIDUELLE

31/12/2002

 

Ensemble des salariés dont l'ancienneté est supérieure à 4 ans

NIVEAU DE LA CONVENTION COLLECTIVE

Effectif rémunéré CDI

Effectif ayant perçu la GSI

Pourcentage de l'effectif ayant perçu la GSI

Montant annuel moyen de la GSI distribuée (€)

Salaire de base annuel moyen de l'effectif ayant perçu la GSI (€)

A
B
C
D
E
F
G

39
1640
8481
15557
14539
13912
18257

5
61
583
747
413
389
242

12.82
3.72
6.87
4.8
2.84
2.8
1.33

175
117
165
179
177
214
225

17802
19654
21637
23415
24680
26503
28771

H
I
J
K

12850
11523
6325
3894

15
10
13
4

0.12
0.09
0.21
0.1

138
283
325
569

35690
40474
50674
64058

Total

107017

2482

2.32

185

24462

Pourcentage de banques ayant versé une GSI : 41.7

 

 

 

 

GARANTIE SALARIALE INDIVIDUELLE

31/12/2002

 

Effectif rémunéré CDI concerné

Effectif ayant perçu la GSI

Pourcentage de l'effectif ayant perçu la GSI

Total de la GSI distribuée (€)

Montant annuel moyen de la GSI attribuée (€)

BANQUE 1

272

63

23.16

11060

176

BANQUE 2

852

118

13.85

22854

194

BANQUE 3

173

22

12.72

4883

222

BANQUE 4

21818

1793

8.22

336512

188

BANQUE 5

86

2

2.33

234

117

BANQUE 6

148

3

2.03

276

92

BANQUE 7

581

8

1.38

2002

250

BANQUE 8

23210

310

1.34

61405

198

BANQUE 9

25657

162

0.63

21241

131

BANQUE 10

938

1

0.11

26

26

 

 

 

LES COMPLEMENTS DE SALAIRES DANS LES
BANQUES AFB 2002

 

 

Tableau I

Les compléments de salaires

(Banques AFB – Ensemble des salariés)

 

2002

2001

 

Euros

%

Euros

%

Salaire brut moyen

35697

100,0

35657

100,0

Rémunération fixe moyenne

31648

88,7

31203

87,5

Rémunération variable moyenne

2799

7,8

3043

8,5

Montant moyen primes

1177

3,3

1348

3,8

Montant moyen heures supplémentaires

73

0,2

63

0,2

 

 

Tableau II

Les compléments de salaires

(Banques AFB – Techniciens des métiers de la banque)

 

2002

2001

 

Euros

%

Euros

%

Salaire brut moyen

27554

100,0

27845

100,0

Rémunération fixe moyenne

25439

92,3

25351

91,0

Rémunération variable moyenne

1199

4,4

1303

4,7

Montant moyen primes

833

3,0

1128

4,1

Montant moyen heures supplémentaires

83

0,3

63

0,2

 

 

Tableau III

Les compléments de salaires

(Banques AFB – Cadres)

 

2002

2001

 

Euros

%

Euros

%

Salaire brut moyen

51362

100,0

51994

100,0

Rémunération fixe moyenne

43592

84,9

43442

83,6

Rémunération variable moyenne

5877

11,4

6684

12,9

Montant moyen primes

1838

3,6

1807

3,5

Montant moyen heures supplémentaires

54

0,1

616

0,1

 

 

 


 

L'EGALITE HOMMES-FEMMES :
QUELQUES POINTS DE REPERE

(extrait PV commission nationale paritaire des sociétés financières du 09/10/03)

 

LES FEMMES DANS LA SOCIETE :

Leur part dans la population totale (51,4 %) est plus importante que celle des hommes (48,6 %).

Leur espérance de vie est plus longue (82,9 ans à la naissance) que celle des hommes (75,5 ans).

LES FEMMES DANS LA VIE ACTIVE :

La proportion des femmes actives dans l'ensemble de la population féminine de 15 à 64 ans est passée de 52 % en 1975 à 62 % en 2001, pendant que, dans le même temps, le taux chez les hommes était ramené de 83 % à 75 %. Dans la tranche d'âge qui a le plus évolué, celle de 25 à 49 ans, le taux est passé, pendant la même période, de 59 % à 80 % pour les femmes alors qu'il restait pratiquement stable pour les hommes (de 97 % à 95 %).

Le taux de chômage est plus élevé chez les femmes que chez les hommes : respectivement 10,1 % et 7,9 % en 2002 et, en moyenne, un écart – défavorable aux femmes – de 3,5 points sur les dix dernières années.

Les ¾ des femmes actives sont occupées dans les secteurs de l'éducation, de la santé et de l'action sociale, du commerce, des services aux particuliers et aux entreprises et des administrations. Elles y représentent en moyenne 56 % de l'effectif total du secteur.

3,5 % des actives occupées le sont dans le secteur des activités financières (banque et assurances) où elles représentent 54 % de l'effectif.

LES FEMMES DANS LES GRANDES SOCIETES FINANCIERES :

Grande stabilité dans le temps de la part des femmes dans l'effectif des sociétés financières : 62 % en moyenne.

On retiendra quatre points particuliers : le taux d'encadrement, le temps partiel, la formation continue, les salaires.

Le taux d'encadrement : la proportion de femmes chez les cadres apparaît plus élevée dans les sociétés financières que dans le secteur "Banque et assurances" et que dans l'ensemble des secteurs. Cet écart favorable perdure dans le temps.

Le temps partiel : la pratique du temps partiel est moins répandue dans les sociétés financières que dans les autres branches (le taux moyen est ainsi inférieur de plus de moitié pour les femmes).

La formation continue : le taux d'accès à la formation apparaît toujours plus élevé dans les sociétés financières que dans la moyenne des autres branches, tant pour les cadres que pour les employés non-cadres.

Les salaires réels : mesurés en pourcentage des salaires masculins de même catégorie, les salaires féminins apparaissent inférieurs, spécialement pour les salaires les plus élevés. Ce phénomène n'est pas propre aux sociétés financières.

 

 

 


FO-CFDT-CGT- CFTC-SNB

NEGOGIATIONS SALAIRES

COMMUNIQUE AUX REPRESENTANTS

DES 5 FEDERATIONS DANS LES ENTREPRISES

Suite à la paritaire du 20 octobre portant sur les salaires, nos fédérations maintiennent le mot d’ordre lancé aux équipes d’entreprises le 22 septembre.

Tous les délégués syndicaux, dans toutes les banques, doivent refuser d’engager toute négociation salariale avant la fin de la négociation de branche annuelle sur les salaires.

La prochaine paritaire ayant lieu le 17 novembre, les fédérations feront le point à cette date.

Afin d’accompagner cette position et de préparer dans un meilleur rapport de forces les négociations d’entreprises qui suivront, les fédérations proposent une pétition axée sur les salaires réels et le maintien du pouvoir d’achat qui constitue le socle de toute négociation de branche et d’entreprise pour cette année.

Une bonne coordination de nos équipes est un gage d’efficacité tant à la branche que dans les entreprises.

 

 


PROJET DE REFORME FILLON
SUR LA NEGOCIATION COLLECTIVE

 

 

Actuellement

Projet gouvernemental

Conséquences

Interprofessionnel

Qui négocie ? Les confédérations de :

  • Salariés : FO ; CGT ; CFDT ; CFTC ; CGC.
  • Employeurs : MEDEF ; CGPME ; UPA ; UNAPL.

Uniquement les organisations syndicales et patronales reconnues par l'arrêté de 1966.

  • L'accord s'applique dès qu'il est signé par au moins une organisation syndicale.
  • L'accord interprofessionnel peut être repris dans la loi. Il n'y a pas de droit d'opposition (sauf pour les domaines relevant de l'agrément gouvernemental = opposition à l'agrément).

Qui négocie ? Pas de changement.

Le droit d'opposition est instauré dans ce niveau : l'accord s'appliquera si la majorité des organisations syndicales ne s'oppose pas.

La capacité de contracter et de signer est maintenue.

Branche

Qui négocie ?

Organisations syndicales : les fédérations affiliées aux 5 organisations syndicales + les fédérations professionnelles ayant fait la preuve de leur représentativité (par ex : fédérations nationales des syndicats professionnels de l'enseignement libre catholiques)

Employeurs : les fédérations affiliées + associations d'employeurs (loi 1901) reconnues représentatives.

S'il est signé par au moins une organisation syndicale, l'accord s'applique dans les entreprises dont l'employeur est adhérent comme une fédération patronale signataire.

Il n'y a pas d'opposition sur l'accord initial.

L'opposition peut s'exercer sur les avenants de révision par les signataires de l'accord initial, par une majorité en nombre d'organisations syndicales (moitié + 1)

Délai : 15 jours à compter de la signature de l'accord.

Pour que la convention s'applique à tous ð Extension obligatoire.

Qui négocie ? Pas de changement.

Institution de l'accord majoritaire basé sur le résultat des élections professionnelles ou une élection spécifique créée à cet effet dans la branche si la branche n'a pas choisi la validation par accord majoritaire.

 

 

 

Création d'un droit d'opposition sur l'accord initial en nombre d'organisations syndicales.

Rien n'est précisé pour l'extension donc pas de changement.

Si la branche décide de baser la validation des accords sur les résultats aux élections ou d'en fabriquer :

  • Risque de transformer le syndicat en machine électorale.
  • Les organisations syndicales "minoritaires" ne pourront pas s'exprimer ni signer ð recherche d'une majoritéð perte de l'indépendance du syndicat.
  • Risque de développement de fédérations autonomes suscitées par les employeurs.
  • Les accords deviennent à durée déterminée en fonction des élections.

Le droit de signer est maintenu mais :

  • les fédérations non affiliées aux 5 confédérations peuvent s'opposer à l'entrée en vigueur d'un accord initial (cas des petites branches ou les "autonomes" sont bien représentés),

L'opposition n'est pas obligatoire, il faut donc prendre ses responsabilités pour l'exercer.

Entreprises

Qui négocie ?

Toutes les organisations syndicales représentatives.

Le chef d'entreprise ou son représentant.

Un accord s'applique dès qu'il est signé par le patron + une organisation syndicale.

Droit d'opposition : uniquement sur les avenants de révision d'un accord initial ou initial dérogatoire, il peut s'exercer par toutes les organisations syndicales représentatives signataires ou pas de l'accord initial.

Une ou plusieurs organisations syndicales ayant recueilli 50% des voix des inscrits aux élections.

Qui négocie ?

Les mêmes ou les délégués du personnel ou les salariés mandatés.

Un des deux modes choisi par la branche : sur l'accord initial.

1) Accord majoritaire : validation par un ou plusieurs syndicats dits majoritaires (50% des votants aux élections).

Si pas majorité : possibilité de référendum.

Ou

2) Droit d'opposition : un ou plusieurs syndicats ayant recueilli 50% des voix des votants aux élections.

ð déplacement de la négociation vers les délégués du personnel tous les thèmes.

Contournement des organisations syndicales.

 

Si syndicat non majoritaire : pas de signature possible.

Le syndicat pour exister doit s'associer à un autre syndicat !

Fini l'indépendance.

Risque de développement de syndicats maison pour faire passer les volontés patronales.

Plus facile à utiliser qu'avant.

N'empêche pas la signature d'une seule organisation syndicale. Si les autres ne font pas jouer leur doit d'opposition, l'accord s'applique.

Groupe

entreprise

Pas de négociation au niveau du groupe : information dialogue.

Négociation avec le Comité de Groupe.

Conclusion d'accords comme pour l'entreprise.

Quid des accords de branche si substitution par un accord de groupe ?

 

Ce document réalisé par le secteur de la négociation collective de la CGT-FO décortique le projet de loi sur le "dialogue social" que le ministre des Affaires sociales voudrait soumettre au Parlement en décembre prochain. Comparé à ce qui existe aujourd'hui en matière de négociation collective, ce tableau dresse les dangers d'un tel texte.