Paris, le 23 avril 2005

Autres Points :
COMMUNIQUE DE PRESSE : CAISSES D'EPARGNE
COMITE DE PILOTAGE DE L’OBSERVATOIRE DES METIERS DES QUALIFICATIONS ET DE L’EGALITE PROFESSIONNELLE DANS LA BANQUE


EUROPE BANCAIRE :
LE PARTI PRIS DE LA CONCENTRATION

 

En plein processus de ratification du Traité établissant une Constitution pour l’Europe, il est intéressant d’évoquer le mouvement de concentration bancaire dans l’Union européenne qui se poursuit avec une actualité principalement italienne.

Ainsi, successivement, la Banque Nazionale del Lavoro et la Banque Antonveneta ont fait l’objet respectivement d’une OPA du groupe espagnol BBVA et de la Banque néerlandaise ABN Amro. Il n’est pas étonnant que ces initiatives proviennent d’Espagne et de Hollande, car, avec le Royaume-Uni les grandes banques de ces pays disposent de fonds propres importants et d’une capitalisation boursière élevée. Ce n’est pas le cas des grands groupes bancaires français qui se contentent, s’agissant de BNP Paribas et de la Société Générale, de faire leur marché en Europe centrale et orientale, voire aux Etats-Unis.

Malgré leurs résultats exceptionnels, ces deux établissements restent sous capitalisés et pourraient devenir des cibles pour des opérateurs européens voire américains. C’est du moins ce que pensent un certain nombre de spécialistes.

Par ailleurs, la Commission européenne souhaite manifestement que s’accentue le processus de concentration des banques en Europe.

C’est dans cette perspective qu’il faut envisager les directives européennes sur les fusions transfrontalières et les transferts du siège des sociétés. Mais les projets de la Commission ne s’arrêtent pas là. Son ambition est de réaliser un vrai marché européen de la banque de détail permettant à un client de s’adresser pour toutes sortes de prestations à n’importe quel opérateur européen. La Cour de Justice européenne en obligeant la France à mettre un terme à l’interdiction de rémunérer les comptes à vue va dans le même sens. Le Groupe des caisses d’épargne en annonçant sa décision de rémunérer les comptes à vue s’offre à bon compte un joli coup de publicité. Mais cela comporte des risques (voir ci-après le communiqué du syndicat FO des caisses d’Epargne) pour le Groupe lui-même.

Indépendamment des effets d’annonce, on ne peut exclure qu’un établissement européen se serve de cette possibilité comme d’un produit d’appel pour s’introduire sur le marché national en proposant des taux de rémunération très attractifs, au moins dans un premier temps. Ceci pourrait avoir un effet déstabilisant sur l’ensemble du secteur bancaire. La question de la protection de la clientèle peut également être considérée comme un frein à la réalisation d’un marché totalement intégré de la banque de détail. Cette protection pourrait être revue à la baisse dans le cadre d’un marché caractérisé par une " concurrence libre et non faussée ", pour reprendre les termes du Traité constitutionnel. Une meilleure protection nationale que ce que pourraient prévoir les règles communautaires aurait évidemment un coût que les banques ne voudraient pas nécessairement supporter.

Enfin, dans ce contexte, est-ce un hasard si certains commentateurs se prennent à rêver d’une reprise de la saga avortée entre BNP Paribas et la Société Générale ? Avec la création de la Banque Postale et les risques de délocalisation, une telle perspective aurait de quoi inquiéter sur l’évolution de l’emploi dans la profession. Heureusement le pire n’est pas toujours sûr…

Pierre Gendre

 


 

COMMUNIQUE DE PRESSE
CAISSES D'EPARGNE

Réaction de FO à l’annonce
de la rémunération des dépôts

 

En rémunérant les dépôts de ses clients, la Caisse d’Epargne prend une initiative qui n’est aucunement partagée par le syndicat national FO du Groupe des Caisses d’Epargne.

En effet, cette décision, une nouvelle fois prise à l’échelon national par la Caisse Nationale des Caisses d’Epargne (CNCE), sans aucune concertation préalable, revient à ouvrir la boîte de Pandore : c’est un premier pas vers la banalisation définitive du livret A, voulue depuis longtemps par les banques AFB. La CNCE voudrait leur donner raison qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.

Par ailleurs, les conditions tarifaires préférentielles (1 % pour les particuliers titulaires d’un forfait Satellis Intégral, au-delà de 2.500 € et les comptes professionnels jusqu’à 10 000 €) démontrent tout l’intérêt porté par les dirigeants des caisses d’épargne aux clientèles les plus favorisées. La nouvelle stratégie commerciale vise, parallèlement, à faire que les clients les moins favorisés s’excluent d’eux-mêmes et trouvent refuge à la Poste. Tout cela nous éloigne au final des missions d’intérêt général pourtant clairement définies dans l’article 1er de la loi du 25 juin 1999 portant réforme des caisses d’épargne.

Enfin, concernant la stratégie toujours menée par la CNCE, force est de constater qu’aujourd’hui, le chef de Réseau avance masqué. Ce faisant, les transferts d’actifs et de personnels des filiales (Crédit Foncier, San Paolo, Entenial) ou les délocalisations en interne de certaines activités de back-office gérées actuellement par les Caisses d’épargne (par exemple la gestion des encours de crédit immobiliers) visent à appauvrir tant les organismes communs que les Caisses d’épargne régionales.

Autant d’informations à resituer dans le contexte d’une CNCE qui se dit et se veut cotable à horizon 2007, contraire à notre philosophie mutualiste.

Bruno AGUIRRE, Secrétaire Général

 

 


 

COMITE DE PILOTAGE DE L’OBSERVATOIRE DES METIERS DES QUALIFICATIONS ET DE L’EGALITE PROFESSIONNELLE DANS LA BANQUE

 

Créé par l’ANI sur la formation du 27 novembre 2004, le Comité s’est réuni pour la première fois le 15 avril à la FBF. La présidence a été revendiquée par les organisations syndicales et accordée par le patronat. Le comité s’est prononcé sur le contenu de son règlement intérieur et sur son budget avant d’établir un plan de travail pour les mois à venir.

Les partenaires sociaux se sont mis d’accord sur la création d’une base de données sociales et sur la réalisation d’une étude sur l’emploi et les qualifications bancaires à Paris où le secteur représente avec l’assurance le premier gisement d’emploi. Deux études ponctuelles sont également à l’ordre du jour : la première sur une comparaison sur dix ans entre la carrière d’un groupe de femmes et celle d’un groupe d’hommes ayant un même positionnement initial. La seconde étude portera sur l’observation des perspectives de formation et de carrières des salariés âgés de 45-50 ans ou ayant vingt ans d’ancienneté.

L’étude sur les NTIC dont l’importance dans la profession n’est plus à démontrer sera réactualisée et l’Observatoire prévoit d’ores et déjà de se doter d’un site internet.

Les prochaines réunions sont prévues pour le 1er septembre et le 2 décembre.

Isabelle GENDRE