Paris, le 22 janvier 2005

Autres Points :
NEGOCIATIONS SALARIALES
ELECTIONS PROFESSIONNELLES


LES ENTREPRENEURS SONT AU ZENITH
ET LES SALARIES DANS LA RUE !

 

Semaine très intéressante. Le Medef au Zénith, à Paris, tenait son assemblée générale le lundi 18 janvier. Le baron, en fin de parcours, devant 4.700 fans enthousiastes a bien voulu faire preuve de bonhomie à l’égard du gouvernement qu’il considérait comme incapable voici peu de temps. Evidemment c’est le coup de grâce porté aux 35 heures, enfin à portée de main, qui l’a rendu beaucoup moins critique. Mais le baron n’a pas manqué de revenir sur " la feuille de route " qu’il fixe au gouvernement.

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Ainsi, avant 2007, il faudrait : " alléger la fiscalité des entreprises (moins d’impôts, moins de charges) ; réformer le code du travail (porter le fer contre le droit du travail selon la présidente de l’IFOP, héritière putative du baron à la tête du Medef selon certains) ; décentraliser le dialogue social (tuer définitivement le rôle de la branche et les syndicats, en négociant directement avec les délégués du personnel) ; rendre l’Etat plus efficace (ne pas remplacer les fonctionnaires qui partent en retraite, - 500 000 emplois en 10 ans !) ; développer l’éthique de l’entreprise (l’entreprise comme horizon indépassable)". Beau programme dont l’énoncé tonitruant inquiète un peu le gouvernement alors que la semaine est marquée par trois journées de grève touchant la Poste, la SNCF et la Fonction Publique.

Semaine très intéressante. Un sondage publié par "Le Parisien" montre que 65% des Français soutiennent les mouvements de grève annoncés. Malheureusement, 65% d’avis favorables ne font pas 65% de grévistes. Mais, tout le monde le relève, nos compatriotes ne croient plus à rien. Dans ce climat délétère on ne peut jurer de rien. Et si le ras le bol provoquait finalement un engrenage type 1995 ? Car enfin, à force d’encaisser les mauvais coups on peut être tenté de les rendre. Les rendre en participant aux actions revendicatives, mais aussi en ne votant pas comme il est souhaité qu’on le fasse au référendum sur la ratification du Traité constitutionnel européen. Voilà pourquoi le gouvernement souhaiterait sans doute que les entrepreneurs adoptassent un profil plus bas.

Semaine très intéressante. Avec le début des discussions à l’Assemblée Nationale sur la proposition de loi indubitablement " scélérate " sur la durée du travail et sur le projet de banque postale. Nous avons déjà décortiqué la proposition de loi sur la monétarisation du compte épargne temps et la possible explosion des heures supplémentaires (+ de 500 par an) pour les salariés qui voudront travailler plus pour gagner plus grâce à des employeurs qui voudront bien les payer plus pour embaucher moins en cas de besoin, avec la complicité de " syndicats " très maisons. Arrêtons-nous donc un instant sur le projet de banque postale. Celui-ci a pris du retard, tant mieux ! Mais le gouvernement le relance sachant que cela conduira inévitablement à la privatisation de la Poste à la surcapacité bancaire et aux pertes d’emploi dans le secteur financier, Poste comprise. Ceci au moment où l’on reparle d’OPA et alors que les restructurations internes des groupes qui ont fusionné récemment se poursuivent avec leurs cortèges de départs non contraints.

Semaine très intéressante. Avec la fin des négociations salariales au niveau des banques AFB portant uniquement sur les minima malgré les résultats records des banques. Avec aussi le report, pour cause de dissension interne à la délégation patronale, de la phase ultime des négociations sur les retraites professionnelles. Une semaine à l’issue de laquelle il faudra faire un bilan et se préparer à réussir la mobilisation du 5 février contre le démantèlement de la réduction du temps de travail, contre la soi disant journée de solidarité, pour le pouvoir d’achat, l’emploi et la défense du droit du travail.

Pierre GENDRE

 


 

NEGOCIATIONS SALARIALES

 

SOCIETE MARSEILLAISE DE CREDIT

La Direction ne propose aucune mesure pérenne. Seule une prime de 300 à 400 euros pour l’ensemble du personnel est en discussion, ainsi qu’une enveloppe de 1,8 % de la masse salariale qui sera dévolue à des augmentations individuelles.

FO a fait savoir son profond désaccord sur l’état d’esprit et les modalités de la négociation alors que la banque se porte mieux depuis plusieurs années grâce aux efforts de son personnel, qu’elle participe pour 200 millions d’euros aux résultats d’HSBC, et que cela fait maintenant 10 ans qu’aucune mesure pérenne n’a été attribuée.

Prochaine réunion le 25 janvier.

 

CMCEE/GROUPE CIC

Accord : 1,8 % au 1er janvier 2005.

Au Crédit Mutuel deux signataires pour le moment : SNB et CFTC. FO consulte.

 

 


 

ELECTIONS PROFESSIONNELLES

 

Les élections des comités d’établissement du CIAL (Banque du Groupe CIC) ont confirmé la prédominance de FO malgré la campagne démagogique de certains syndicats.

Globalement FO progresse de 5,43 % et représente à présent 37 % des voix dans le collège techniciens et 42 % des voix dans le collège cadres.

En nombre de sièges FO obtient 50 % des sièges de techniciens et 39 % des sièges de cadres.

Au CCE, FO gagne 3 sièges (14 sur 30), au détriment de la CFDT (-2) et du SNB (-1).

 

 

 

Techniciens

Cadres

Total 2004

Total 2002

Différence

2004

2004

Voix          %

Voix          %

Voix          %

Voix          %

Voix          %

FO

442          37

201          42

651          38,48

552          33,05

+99          +5,43

CGT

232          19

0              0

241          14,24

238          14,25

+3           -0,01

CFDT

251          21

105          22

356          21,04

408          24,43

-52          -3,39

CFTC

163          14

14             3

162          9,57

176          10,54

-14          -0,97

SNB

117          10

163          34

282          16,67

296          17,72

-14          -1,05