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Paris, le 12 novembre 2005 |
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FRACTURE SOCIALE, VOUS DISIEZ ?
Mais oui, je vous assure, vous aviez bien dit fracture sociale mon cher Président. C’était même le thème principal de votre avant dernière campagne.
Pourtant, ces phénomènes d’explosions sociales sont devenus réguliers mais à chaque fois de plus en plus importants. C’est pourquoi ce thème de la fracture sociale était devenu un enjeu crucial. Puis l’eau a coulé sous les ponts de la République. Les politiques libérales mises en place durant ces dernières années n’ont fait qu’aggraver une situation sociale déjà explosive. Les inégalités se sont creusées. L’exclusion s’est aggravée. Le rejet des plus pauvres à la périphérie des villes s’est accentué. Le sentiment de méfiance envers l’Etat, considéré comme injuste et oublieux, s’est installé.
Malgré tout cela, les gouvernements précédents ont continué à accentuer le glissement de notre pays vers une gestion économique et sociale à l’anglo-saxonne, où le chacun pour soi et la rentabilité à court terme des actionnaires sont privilégiés.
Pourquoi donc s’étonner de retrouver chez nous, les mêmes émeutes qui existent aussi dans d’autres pays éloignés, comme les Etats-Unis, où plus proches, comme la Grande Bretagne, l’Allemagne ou l’Italie. Ce qui, contrairement aux propos tenus par des médias étrangers, n’est pas la "mise en cause du modèle français", car il n’existe pas de "modèle français" ou autre d’ailleurs, mais plutôt des politiques économiques sélectives avec leurs conséquences sociales.
L’Etat doit retrouver sa crédibilité auprès de nos concitoyens les plus fragiles en se réappropriant une présence forte dans ces quartiers souvent abandonnés à eux-mêmes. Une réelle politique de la Ville, une éducation et une formation appropriées font partie des éléments permettant de redonner du sens aux principes républicains d’égalité et de fraternité. A cet égard, les propos du Premier Ministre estimant qu’il fallait prendre "ces évènements comme un avertissement et comme un appel" suivis par ceux du Président de la République ce 14 novembre sont encourageants s’ils sont réellement suivis d’effets.
Faut-il aussi rappeler que nous sommes tous des acteurs de la République : citoyens, syndicats, associations, entreprises. Ce n’est pas en décrédibilisant systématiquement le rôle des militants syndicaux et associatifs, garants de l’unité collective, que cette situation s’arrangera. Les entreprises ont aussi leur rôle à jouer en favorisant l’intégration par l’embauche mais aussi en refusant d’ajouter de la précarité à la précarité. Nous n’avons pas le sentiment que la réduction de l’indemnisation des chômeurs par exemple soit un élément positif dans ce contexte général.
Justement parlons-en du chômage, il baisse et c’est formidable entend-on. C’est exact, le nombre de demandeurs d’emploi baisse principalement quasi mécaniquement du fait des départs en retraite, qui vont d’ailleurs s’accentuer dans les prochaines années. Mais, l’emploi quant à lui ne progresse pas et il faut souhaiter que les politiques ne se satisfassent pas simplement et facilement de cette baisse en oubliant les exclus que nous évoquons plus haut.
Quant à notre profession, nous attendons la prochaine réunion de la Commission Nationale Paritaire le 28 novembre pour connaître la position des banquiers sur le sujet des salaires (minima, Garantie Salariale Individuelle et salaires réels). Faut-il ici à nouveau rappeler qu’en matière de salaires, le cynisme des banquiers est au moins proportionnel à l’énergie déployée dans la presse ces dernières semaines pour s’octroyer une bonne image en mettant en avant l’excellence des services à la clientèle (sic !) et l’importance du recrutement ?
Une autre réunion de la Commission Nationale Paritaire aura lieu le 16 décembre pour examiner les autres points sociaux en suspens : égalité professionnelle, départ pour carrières longues, sécurité des points de vente, incivilités de la clientèle et nouveaux métiers repères. En préalable, un courrier commun (ci-après) des 5 fédérations syndicales sur le thème de la sécurité a été adressé à l’AFB.
Serge LEGAGNOA
CFDT - CFTC - CGT - FO - SNB-CFE/CGC
Monsieur Tanguy du Chêné
Président de la Commission Paritaire de la Banque AFB
18 rue Lafayette
75440 – PARIS CEDEX 09
Paris, le 10 novembre 2005
Monsieur,
Nous avons, d’un commun accord, retenu le principe d’une réunion de la Commission Paritaire de la Banque
le vendredi 16 décembre afin d’examiner les points suivants : égalité professionnelle, métiers repères, carrières longues, incivilités et sécurité des points de vente.
Concernant la renégociation de l’accord sécurité des points de vente, les 5 fédérations souhaitent voir aborder et intégrer les points suivants :
Nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.
Pour les fédérations CFDT – CFTC – CGT – FO – SNB-CFE/CGC
Serge LEGAGNOA