Paris, le 19 mars 2005

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SOCIETE MARSEILLAISE DE CREDIT
COMMUNIQUE DE PRESSE


AUSTERITE POUR LES UNS,
JACK POT POUR LES AUTRES !!!

L’ampleur des arrêts de travail et des manifestations du 10 mars, intervenant après celles du 5 février, démontre s’il en est encore nécessaire le malaise social profond qui agite notre pays.

Les communications tonitruantes des résultats des grandes entreprises du CAC 40 faites ces dernières semaines, les petits arrangements des " barons de la république " au travers des affaires immobilières de Messieurs Gaymard et Copé et l’arrogance affichée par le patronat dans de nombreuses négociations salariales, ont exacerbé le mécontentement social que nous constatons dans de nombreuses professions tant sur les salaires, les 35 h, que sur les conditions de travail.

Trop souvent les bons résultats réalisés par les entreprises ne sont pas réinvestis en direction des salariés qui, de surcroît, subissent aussi les gains de productivité réduisant les effectifs et les amenant à devoir travailler toujours plus et plus vite, et dégradant ainsi fortement leurs conditions de travail.

Sur le plan salarial, les dernières statistiques et études de l’INSEE et de Proxinvest montrent que les dirigeants du CAC 40 se sont octroyés une augmentation de leur rémunération totale de 10,3 % en 2003 alors qu’à la même période le salaire moyen net des salariés français a, quant à lui, chuté de 0,3 %.

En regardant de plus près les chiffres, on constate que ces mêmes patrons de grands groupes ont préféré augmenter la part de leur salaire (+ 23 %) plutôt que les annexes variables.

En ce qui concerne les salariés, ce sont les employés et les cadres qui ont subi la plus grande baisse de leur pouvoir d’achat en 2003, respectivement -1,1 % et -0,8 %.

Et ce n’est pas l’augmentation de 0,5 % de l’inflation en février qui va améliorer ce constat.

Ce qui est choquant, c’est le double discours qui consiste à lier augmentations des salaires à l’évolution de la performance de l’entreprise quand ces mêmes patrons préfèrent s’auto augmenter sur le plan salarial direct. Ce sont toujours les mêmes qui n’ont pas hésité, lorsque leur entreprise se portait moins bien, à continuer de s’octroyer de confortables augmentations. Tout le monde a encore en mémoire les " cas " Vivendi, Orange, Alcatel, France Telecom…

Que dire des propos de M. Seillière indiquant que le SMIC est trop élevé en France, si ce n’est lui rappeler que les salaires des patrons français sont les plus élevés d’Europe.

Faut-il rappeler également que la politique économique et sociale à l’œuvre aujourd’hui dans notre pays a pour résultat un taux de chômage élevé, surtout chez les jeunes, une grande précarisation de nombreux salariés dont 1 million touchent moins de 600 euros mensuels, sans oublier les 16 % de salariés qui gagnent moins que le SMIC, dont 80 % de femmes.

10 % des français sont au chômage et le nombre de bénéficiaires du RMI vient de faire un bond de 9 % après une augmentation de 5,3 % en 2003.

Cette situation risque d’être aggravée par la directive " Bolkestein " qui pourrait permettre à une entreprise étrangère de ne pas respecter la législation du pays, mais celle de son pays d’origine. Il s’agit là d’un danger évident de " dumping social ".

Face à ce fort mécontentement, il n’est pas certain que les débuts d’annonces faites par le gouvernement tant à destination du secteur public (un coup de pouce de 1 %), qu’à destination du secteur privé en voulant relancer la participation soient la réponse la plus appropriée.

Il est indispensable que des mesures concrètes soient prises pour l’ensemble des secteurs permettant le relèvement du pouvoir d’achat des salariés. Cela passe par une incitation du gouvernement à négocier dans les branches professionnelles et dans les entreprises.

La Confédération FO a tenu à faire un bilan par branches professionnelles avant la tenue de la réunion gouvernement/ syndicats et patronat du 18 mars.

Ainsi de nombreux minima de branche sont inférieurs au SMIC, et lorsque il y a alignement sur le SMIC, nous assistons à un tassement des grilles de rémunérations.

Nous ne sommes évidemment pas opposés à l’intéressement et à la participation mais ces systèmes ne doivent pas prendre le pas sur les augmentations de salaires classiques, et en tout état de cause ils doivent être conditionnés à un accord salarial préalable.

Notre secteur professionnel n’échappe pas à cette grogne sur les salaires.

Depuis de très nombreuses années, les banques françaises affichent des pourcentages d’évolutions de leurs résultats en perpétuelle augmentation, et c’est tant mieux car cela démontre la bonne santé du système bancaire français. Mais en même temps, il faut souligner l’absence d’augmentation générale des salaires réels au niveau de la branche AFB : seuls les minima ont fait l’objet d’un accord d’ailleurs signé par notre organisation syndicale.

Parallèlement dans les entreprises, les mesures salariales proposées ont été très chiches cette année, année record des bénéfices ! En dehors d’un ou deux cas, elles n’ont consisté qu’à l’attribution de primes minimes et à tout refus d’augmentation pérenne.

C’est ainsi que les accords salariaux d’entreprises sont qualitativement très inférieurs cette année par rapport à l’année précédente.

Evidemment, nos patrons banquiers se déversent dans la presse pour indiquer qu’ils versent des sommes énormes aux salariés des banques pour les associer aux fruits de la croissance, notamment au travers de l’intéressement et des plans d’actionnariat salariés. Mais la part d’augmentation des salaires réels reste minime, et surtout la part distribuée en dividendes aux seuls actionnaires reste beaucoup plus importante.

Il ne faut pas hésiter à demander la réouverture de négociations salariales dans les entreprises bancaires où elles n’ont pas donné de réelles satisfactions, et notamment sous l’angle d’une augmentation pérenne.

Notre Section fédérale avait souhaité rencontrer Daniel Bouton, président de l’AFB et de la FBF, afin de lui faire part de nos préoccupations sur le plan professionnel.

Cette rencontre a eu lieu le mercredi 9 mars au soir au cours de laquelle nous lui avons fait part de nos revendications sur le plan salarial notamment, et de nos demandes de relances des discussions sur les sujets suivants dont nous étions à l’initiative : sécurité des points de vente, incivilités de la clientèle, blanchiment, stress, et harcèlement.

Nous avons également évoqué des sujets qui pour nous devraient faire l’objet d’échanges non pas qu’au plan AFB, mais au niveau de la FBF : la sécurité et la formation par exemple.

Que dire de la qualité des échanges si ce n’est un grand intérêt sur le plan intellectuel, mais sur un plan plus concret peu d’écoute à priori, mais toujours les mêmes propos sur la mauvaise santé économique du pays qui ne peut se régler positivement que par des solutions ultra-libérales. Les coûts salariaux sont trop élevés, il faut prendre en référence le modèle Danois, il faut instaurer un CDD long…

Une nouvelle réunion a eu lieu à l’AFB le 9 mars au matin afin de réévoquer un éventuel accord sur l’article 16 de la loi Fillon. Celui-là même qui avait été frappé d’opposition par la CFDT, la CGT et le SNB.

Comme nous l’évoquions dans notre communiqué du 9 mars, le nouveau texte proposé reprend in extenso le texte précédent assorti d’un article supplémentaire reprenant les engagements contenus dans la lettre d’accompagnement de l’AFB de l’époque.

Ce nouveau texte intègre notre proposition consistant à donner la possibilité aux salariés refusant une mise à la retraite de faire appel aux commissions paritaires de recours prévues par la convention collective.

La deuxième modification porte sur l’amélioration de l’indemnité supplémentaire de départ que nous avions souhaité, la portant ainsi à 1 mois de salaire pour tout salarié partant à 60 ans avec 40 années d’ancienneté dans l’entreprise.

Une séance de signature de ce projet d’accord est prévue le 29 mars et pour notre part nous arrêterons notre position lors de la réunion de notre commission exécutive qui aura lieu la semaine prochaine.

Espérons que ce dossier trouve enfin une issue positive. Nous n’avons que trop perdu de temps en raison des tergiversations de l’AFB et de l’opposition de principe à l’application de cet article de la loi Fillon de la part de nos confrères syndicaux.

Serge LEGAGNOA

 


 

SOCIETE MARSEILLAISE DE CREDIT

 

Après un mouvement de grève de 48 h très largement suivi, puisque 60 % du personnel était en grève et 25 % des agences étaient fermées, la direction de cet établissement filiale du groupe HSBC a en partie cédé sur les salaires en doublant la prime initiale de 450 euros pour la porter à 900 euros. Toutefois, elle refuse toujours le principe d’une augmentation générale pérenne.

Mais elle a pris l’engagement d’ouvrir une négociation sociale dans laquelle seront abordées les conditions de travail du personnel de cette banque, les relations direction/syndicats, et les salaires en examinant la situation catégorie par catégorie : les salaires des plus de 50 ans, les salaires à l’embauche et la situation des salariés n’ayant pas eu d’augmentation depuis 10 ans.

Cette négociation doit s’étaler jusqu’en juin.

L’ensemble des organisations syndicales a fait savoir que si cette négociation ne donnait pas de résultats satisfaisants, elles remettront le couvert !

 


 

COMMUNIQUE DE PRESSE
ACCORD POSSIBLE SUR LA MISE
À LA RETRAITE À 60 ANS DANS LES BANQUES :
ARTICLE 16 DE LA LOI FILLON SUR LES RETRAITES

 

Paris, le 9 mars 2005

A l’issue de la réunion de la commission paritaire de la banque AFB qui s’est tenue le 9 mars 2005, il apparaît que les discussions qui ont eu lieu pourraient aboutir à la signature d’un nouvel accord sur la mise à la retraite à 60 ans.

En effet, l’AFB a répondu partiellement à plusieurs propositions formulées par FO et d’autres syndicats signataires ou non de l’accord du 17 juillet 2004 qui avait fait l’objet de l’exercice d’un droit d’opposition.

Le nouvel accord est de fait la reprise in extenso de l’accord précédent avec un article supplémentaire qui en précise les conditions d’application.

Celles-ci, reprennent les engagements contenus dans la lettre d’accompagnement de l’accord précédent que l’AFB avait adressé à l’ensemble des syndicats.

En outre, à la demande de FO, les salariés en désaccord avec une mesure de mise à la retraite, pourront faire appel aux commissions de recours paritaires prévues par la convention collective.

Ce dispositif complète la procédure prévue par l’ancien accord mais ne constitue pas nécessairement une garantie de bonne fin.

S’ajoute aux conditions d’application de l’accord, une nouvelle indemnité conventionnelle (réclamée également par FO), décroissante selon l’âge de mise à la retraite et calculée en fonction de l’ancienneté dans l’entreprise.

Ainsi, pour 40 ans d’ancienneté dans l’entreprise, un salarié mis à la retraite à 60 ans percevrait une indemnité supplémentaire égale à 1 mois de salaire.

On notera également l’engagement de l’AFB d’améliorer, lors d’un rendez-vous paritaire prévu à la mi 2007, les contreparties en terme d’emploi en prolongeant éventuellement le taux de remplacement prévu de 2 embauches pour 3 départs au lieu de 1 pour 2.

Enfin, une précision est apportée concernant les seniors nés jusqu’au 31 décembre 1951 selon laquelle la formation se déroulera pendant le temps de travail, sans préjudice (sur l’insistance de FO) de dispositions similaires qui pourraient être négociées prochainement pour d’autres catégories de personnels.

La Fédération FO de la Banque considère que l’exercice du droit d’opposition n’a pas, et de loin produit tous les effets que leurs auteurs en attendaient.

Entre temps, beaucoup de salariés, contraints de demander leur retraite à 60 ans, se sont retrouvés lésés fiscalement.

Ceci aurait pu être évité si l’AFB avait accepté plus tôt les formules rédactionnelles utilisées dans le nouvel accord et si les syndicats opposants à l’ancien accord n’avaient pas tout au long de la négociation précédente exprimé une opposition de principe à un accord sur l’application de l’article 16 dans la profession.

Le texte du nouvel accord sera soumis avec avis positif à l’appréciation de la commission exécutive de la Fédération FO de la Banque qui se réunit le 22 mars 2005, la réunion de signature étant prévue pour le 29 mars.

La Fédération FO de la Banque espère que sur ce dossier la raison finira par l’emporter afin de préserver les intérêts des salariés.

Pierre GENDRE