Paris, le 13 mars 2004

Autres Points :
Tableau récapitulatif des résultats 2003 de 8 grands réseaux bancaires et mesures salariales fin 2003 début 2004
DECLARATION DE LA COMMISSION EXECUTIVE CONFEDERALE


CAISSES DE L'ÉTAT ET COFFRE DES BANQUES

On aimerait pourtant annoncer une embellie, mais rien ne va plus, comme disent les croupiers. Chaque semaine apporte son lot de mauvaises nouvelles qui renforcent la morosité générale. Après les intermittents, les chercheurs sombrent dans la désespérance, tandis que les buralistes respirent, si l’on peut dire.

Le gouvernement, avant les élections régionales, a eu recours au bon vieux clientélisme : il y a plus de buralistes et de restaurateurs que de chercheurs. Comme disait Coluche à propos des racistes : " Pourquoi se fâcher avec les plus nombreux ".

Cadeaux fiscaux avérés ou espérés pour les uns, ceinture pour les autres car enfin, il faut bien vivre avec le fichu pacte de stabilité et de croissance qui impose le retour aux normes - 3 % maximum de déficit budgétaire par rapport au PIB et taux d’endettement de l’Etat de 60 % du PIB au maximum - dès 2005.

Or, fin 2003, le déficit budgétaire a atteint 4,1 %, et l’endettement de l’Etat est de 63 % du PIB. Pire, malgré les baisses d’impôts sur le revenu (qui favorisent les plus aisés) et les exonérations de charges, le taux des fameux prélèvements obligatoires est reparti à la hausse : 43,9 % en 2003, contre 43,8 % en 2002.

C’est que, comme nous l’avions supposé, la fiscalité locale (plus dure pour les moins favorisés) prend le relais de la fiscalité nationale. Avec la décentralisation ce basculement ne fait que commencer !

Que dire des régimes sociaux et en particulier de l’assurance chômage et de l’assurance maladie. C’est dit : eux aussi contribuent au relèvement du taux des prélèvements obligatoires avec leurs déficits chroniques abyssaux qui ont provoqué, notamment, le relèvement des cotisations d’assurance chômage.

La situation financière de l’assurance chômage dépend très étroitement de la dégradation de l’emploi. Même la suppression en 2004 de 650.000 allocataires de l’assurance chômage en raison de la diminution de la durée d’indemnisation, ne permettra pas de revenir à l’équilibre. Les déficits de l’assurance maladie sont évidemment liés au manque de recettes résultant de l’accroissement du chômage officiel ou non : ceux qui sont rayés des listes ne cotisent pas plus que ceux qui y demeurent. Mais pour l’assurance maladie, il faut souligner la responsabilité de l’Etat qui ne prend pas en charge ce qui relève de la solidarité nationale et qui ne compense que partiellement (manque : 3 milliards d'euros par an en moyenne) les exonérations qu’il accorde aux employeurs dont on attend encore les contreparties en terme d’emplois créés. Attention ces mauvais chiffres pourraient aussi être considérés comme une aubaine par le gouvernement !

Il pourrait s’en servir pour justifier, après les élections régionales, un véritable programme d’austérité dont l’application serait particulièrement rude sur l’assurance maladie soignée à coups d’ordonnances au cours de l’été prochain.

Il ne suffit pas en effet de continuer de prétendre que la croissance revient et qu’elle réglera tous les problèmes. Estimée à 1,7 % pour 2004, celle-ci est maintenant considérée, à l'instar de son homologue américaine, sans effets notables sur l’emploi.

Heureusement, tous les chiffres ne provoquent pas le même désarroi !. En témoignent ceux des résultats des banques que nous récapitulons ci-dessous.

Vous avez aimé l’exercice 2002, vous allez adorer l’exercice 2003. Il est intéressant de comparer ces résultats aux concessions salariales des banques recensées. Le pompon revient au Crédit Lyonnais, qui n’accorde aucune mesure pérenne à ses salariés alors qu’il génère le plus fort taux de rentabilité.

Et dire que lors des négociations salariales de branche en octobre 2003, le porte-parole de la délégation patronale exprimait son inquiétude sur l’évolution des résultats des banques ! Ceux-ci ne sont pas de nature à remplir à eux seuls les caisses de l'Etat, mais auraient permis, au moins, d'être plus généreux sur les salaires.

Pierre GENDRE

 

 

 


Tableau récapitulatif des résultats 2003 de 8 grands réseaux bancaires

et mesures salariales fin 2003 début 2004

Etablissements

PRODUITS NETS BANCAIRE en millions d'€

RESULTATS BRUTS D’EXPLOITATION en millions d'€

RESULTATS NETS PART DU GROUPE en millions d'€

DIVIDENDES par actions en euros

COEFICIENTS D’EXPLOITATION

ROE

PRINCIPALES MESURES SALARIALES

Mesures pérennes

Non pérennes

BNP Paribas

17.935

6 650

+ 13,9 %

3 761

+ 14,1 %

1,45

+ 21 %

68,7 %

- 0,3

14,3 %

0,90 % au 1/1/04
Plafond : 810 €
Plancher : 150 €

Prime : 150 €

 

Société Générale

15 637

+7,3 %

5 069

+26,3 %

2 462

+78,4 %

2,50

+19,05%

67,6 %

- 4,6

16,2 %

au 1/1/04
350 € pour salaires annuels<40 000 €

Prime 150 € pour tous.
Prime 17 % d’un mois brut pour salaires annuels >40 000 €

Crédit Lyonnais

3 312

+ 3,6 %

903

+ 7 %

746

+ 3,5 %

 

72,7 %

- 0,9

23,5 %

 

Prime 500 € pour salaires annuels <25 000
Prime 300 € pour salaires annuels entre 25 et 35 000

CREDIT AGRICOLE S.A.

12 721

+ 9,1 %

3 832

29,5 %

2 401

+ 28,5 %

0,55

69,9 %

- 4,7

10,6 %

1 %
au 1/4/04

Prime 10 % du salaire de base conventionnel

Banques Populaires

7 066

+ 23 %

2,270

+ 41 %

853

+ 60 %

 

66,7 %

- 0,3

14,6 %

JUIN

JUIN

CREDIT MUTUEL CENTRE EST EUROPE/CIC

5970

+ 10,9 %

 

803

+ 41,5 %

 

61 %

12,1 %

2 %

 

 

CCF

2 345

+ 0,4

731

+ 11,3 %

627

+ 11,7 %

6,25

69,8 %

- 2

18,1 %

au 1/1/04
1,5 % pour salaires annuels<31500 €

Prime 400 € pour salaires annuels < ou = 100 000

CDN

1 234,4

+ 6,1 %

376,7

+ 17,6

190,4

+ 8,4

 

69,5 %

- 2,9

17,6 %

1 % au 1/2/04 plancher 300 €

0,5 % au 1/9/04

 

 

 

 

 


DECLARATION DE LA COMMISSION EXECUTIVE CONFEDERALE

Conformément aux orientations définies lors de son 20ème Congrès Confédéral, la CGT FORCE OUVRIERE entend défendre et promouvoir avec détermination les intérêts collectifs et individuels de l’ensemble des salariés actifs, chômeurs et retraités.

Fermement attachée à l’indépendance syndicale, la CGT FORCE OUVRIERE ne donnera aucune consigne de vote à l’occasion des élections politiques.

Elle continuera, cependant, à exposer ses revendications et positions, conformément à ses prises de position en faveur de la solidarité, de la liberté, de la démocratie et des valeurs républicaines, rejetant toute idée raciste, xénophobe ou antisémite.

Alors que nombre d’annonces gouvernementales sont repoussées au mois d’avril 2004, la Commission Exécutive de la CGT FORCE OUVRIERE entend rappeler et souligner quelques positions fondamentales au regard de l’actualité :

Assurance Maladie

Après l’échec du plan Juppé, échec confirmant la clairvoyance des positions défendues par FORCE OUVRIERE en rejetant ce plan à l’époque, la Commission Exécutive réaffirme qu’une vraie réforme de l’assurance maladie nécessite :

Pour la Commission Exécutive ces objectifs sont indispensables pour garantir une Sécurité sociale solidaire et égalitaire et conditionnent les modalités de gestion du système, dont une gestion paritaire du régime général et une politique conventionnelle dynamique avec les professions de santé libérale.

Emploi – Chômage

Alors que les pouvoirs publics préparent une loi de mobilisation pour l’emploi, la Commission Exécutive de la CGT FORCE OUVRIERE marque son opposition à une prétendue simplification du Code du Travail qui transfèrerait la sécurité du salarié vers l’employeur, dénaturerait le rôle du régime paritaire d’assurance chômage en sanctionnant les demandeurs d’emploi, remettrait en cause les rôles publics de l’ANPE et de l’AFPA et accentuerait la précarité de l’emploi.

Pour la Commission Exécutive la lutte contre le chômage nécessite un soutien actif de la demande au travers d’une augmentation du pouvoir d’achat et la mise en place d’une véritable politique industrielle et d’aménagement du territoire qui nécessite la mise en œuvre de moyens financiers indispensables.

Services publics

Rappelant que le respect des valeurs républicaines suppose l’existence de services publics forts, la Commission Exécutive s’oppose à leur privatisation ou leur remise en cause, sous couvert de libre concurrence ou de décentralisation, et souligne qu’une politique économique basée sur la recherche systématique d’allègement des prélèvements sociaux et fiscaux est attentatoire aux objectifs d’égalité et de solidarité.

Action du 3 avril 2004

Les modalités néolibérales de la construction européenne, basées sur la compétitivité, la concurrence et des normes budgétaires et monétaires restrictives, conduisent en France et en Europe à la remise en cause des droits collectifs et des services publics, le social n’étant qu’une variable d’ajustement

Pour la Commission Exécutive de FORCE OUVRIERE, la concomitance des remises en cause en matière de protection sociale collective en est aujourd’hui l’une des expressions les plus visibles.

Fidèle à sa conception de l’internationalisme, soucieuse de conserver sa liberté de comportement, partisane d’un syndicalisme revendicatif en Europe, la Commission Exécutive de la CGT FORCE OUVRIERE souligne que seules des revendications claires et déterminées, répondant à ces inquiétudes et attentes des salariés, doivent justifier les actions du 3 avril.

Pour FORCE OUVRIERE, ces revendications seront basées sur l’augmentation des salaires, la défense des régimes de protection sociale collective et des services publics, la lutte contre la précarité et le chômage, le respect du droit de grève et l’acquisition d’un droit social européen respectueux des acquis nationaux.

Paris, le 4 mars 2004