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Paris, le 12 novembre 2005 |
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UN LONG FLEUVE TRANQUILLE
On constate chaque jour les bienfaits des économistes qui ont présidé à la révolution reagano-tchatchérienne. Le tout libéral pour s’opposer au tout-état. Or, comme d’autres avant eux, ils ont succombé à un manichéisme qui n’est plus de mise. Le recul de l’Etat a laissé le champ aux voracités individuelles de profit pour le profit.
Mais ce raisonnement ne se cantonne malheureusement pas qu’à l’économie. On le constate aujourd’hui en voyant le triste bilan de ces journées d’émeutes : l’Etat a abandonné aussi tout rôle social et tout rôle éducatif. Oui, éducatif ! Car l’éducation quand elle est là, n’est que religieuse et faussement religieuse (et les effets sont ceux auxquels les "faux" imams exhortent les jeunes : la violence).
On voit d’ailleurs bien la carence éducative si l’on se laisse aller (à tort), comme certains, à une comparaison avec Mai 68. Mettons de côté la religion : "Dieu" a changé de camp. En 68, il était du côté de l’armée, il est passé aux côtés des émeutiers. Aujourd’hui, en son nom, les jeunes voilent leurs femmes alors que les étudiants prônaient un amour effréné. Et leur ambition ne consiste plus qu’en une carrière de footballeur ou de star académicien. L’école est une perte de temps. Il faut de l’argent vite et n’importe comment pour quitter ces logements-ghettos et vivre une vie de rêve. Les politiciens sont véreux mais objet d’admiration et un Bernard Tapie qui renaît de ses cendres et qui malgré toutes ses casseroles, peut toujours disposer de sa superbe résidence de la rue des Saint-Pères, demeure un modèle reconnu et adulé.
Et surtout, on méprise un père qui gagne péniblement de quoi faire vivre sa famille et payer ses traites.
Donc, pas de but à long terme, pas d’idéal, des modèles qui érigent la malhonnêteté en système de vie. Comment peut-on encore s’étonner des phénomènes d’embrasement que l’on vit ces jours-ci ?
Les réponses du jour du Gouvernement, que ce soit d’annoncer un couvre feu ou un possible recours à l’armée, ne solutionnent rien à terme, ni même l’abaissement de l’âge de l’apprentissage à 14 ans (quelle considération pour les jeunes !) ou l’injection de fonds pour restaurer les budgets que l’on avait coupés aux associations (à voir, puisqu’il n’y a pas d’argent, parait-il).
En fait, l’Etat Français, contrairement à d’autres, a toujours du mal à assumer son passé colonial. Mais, en plus, il laisse des démagogues incompétents surenchérir pour allumer des brasiers à relents racistes.
Tous autant que nous sommes, en tant que citoyens, avons une opinion sur le sujet. Quelle qu’elle soit, on ne peut manquer dans notre quotidien de syndicaliste, de rapprocher ces événements de ceux, plus récents et très encadrés : la manifestation du 4 Octobre.
Nous avions organisé cet événement de longue date – ce devait être un temps fort – Or, même s’il y a eu du monde, même si le message a été transmis, le Premier Ministre est resté très serein, le Medef toujours aussi méprisant et la rentrée sociale chaude que l’on attend depuis plusieurs années, demeure sans lendemain. Alors, faut-il mettre le feu, nous aussi pour obtenir des revalorisations de nos salaires ? Non, bien sûr.
Tout le monde semble impuissant à trouver les moyens d’inverser le cercle infernal, économique, culturel, que nous traversons. L’apprenti sorcier est pris à son propre jeu. De plus, il se désintéresse désormais du sujet. En effet, le gouvernement ressemble davantage à un ring où s’affrontent deux challengers, entourés de leurs managers, soigneurs et sponsors.
Dernière bonne nouvelle ! L’Assemblée Nationale a adopté le budget de la Sécu… Tout va bien. Les jeunes n’ont donc pas intérêt en plus, à tomber malades !
Trêve de mauvaise plaisanterie : nous devons jouer notre rôle – un vrai rôle sociétal - dans le cadre de nos mandats d’appui à une réelle intégration des jeunes, (qu’ils soient blacks, blancs, beurs –peu importe-), et pas seulement pour l’image, leur apporter l’appui culturel, éducatif qui leur manque, les associer à nos démarches collectivement comme individuellement. Pour que cela réussisse, il faut inverser la tendance de rentabilité à court terme et que chacun milite en ce sens dans tous les domaines d’activité.
Mais ceux qui nous gouvernent, doivent aussi faire preuve de cohérence et ne pas baisser les bras avant de commencer à aborder les sujets de fond.
Car, on ne peut avoir une vraie politique de santé publique, sans investissement sur le long terme (pour financer la recherche, attendre la durée d’autorisation de mise sur le marché des médicaments, etc.). On ne peut se targuer d’un passé culturel sans égal et ne pas être capable de mettre en place de vraies réformes de l’Education Nationale. On ne peut éviter les ghettos et la gronde sans financer une vraie politique de logement social et instaurer une "réelle politique de la Ville". On ne peut avoir la paix sans faire de la prévention. Cela ne peut être tout prévention ou tout répression. Mais la prévention ne donne pas de résultat en un claquement de doigts !
De même, on ne peut espérer que les particuliers consomment s’il n’y a pas d’argent (et pas seulement celui injecté artificiellement par le système bancaire pour sauvegarder les apparences et les obligations européennes de croissance).
Une vraie politique économique responsable passe donc par une politique rationnelle d’évolution des salaires. La balle est dans le camp du gouvernement et du Medef. Pour le moment, il semble que ce soit la "patate chaude" qu’on se repasse pour éviter les coups.
Il va falloir un jour, se décider à mettre au fond des filets !
Annie LEFEVRE
REUNION DU GROUPE TECHNIQUE
PARITAIRE RETRAITES
27 octobre 2005
Représentants FO : Jean-Claude MARTINEZ – Michel FLAME
Il s’agissait de la 1ère réunion du Groupe Technique Retraites tel que prévu à l’article 8 de l’accord sur les retraites professionnelles bancaires du 25 février 2005.
Le représentant de l’AFB, Jean-Claude GUERY, n’avait que peu d’informations à donner compte tenu du manque de recul dans l’application de l’accord.
Un tour de table des représentants patronaux est fait pour connaître l’état d’avancement dans la mise en place de l’accord dans les entreprises.
Les situations sont diverses :
Comme cela est prévu dans l’accord de branche, une nouvelle table de revalorisation applicable au 1er juillet 2006 sera présentée au Groupe Technique à la fin du 1er trimestre 2006.
Pour la CRBP et la CRBP-DOM, l’AFB n’envisage pas d’améliorer le dispositif de branche sauf si les Fédérations en font la demande expresse, mais l’enthousiasme manifesté du coté patronal ne laisse guère auguré d’une négociation qui aboutisse à une amélioration.
Par contre pour ces deux caisses, il est proposé de désigner deux experts qui travailleront conjointement, il s’agit de Messieurs Léon MARINOLLI et JOUVE.
Le GT n’émet pas d’observation sur cette proposition qui sera présentée aux deux Conseils d’Administration.
A la demande de FO, nous reparlons de la mise à la retraite des salariés en carrières longues qui ne sont pas prévues dans l’accord de branche.
M GUERY nous indique avoir eu un contact récent avec un conseiller du Ministère. Il indique que compte tenu que des accords de branche étendus (Ex : la Métallurgie) bénéficient de cette possibilité, la réponse pourrait être positive, mais que la philosophie de la loi Fillon ne concernait que les salariés à partir de 60 ans et dans cette hypothèse la réponse serait négative.
M. GUERY doit revoir le Ministère dans les prochains jours pour obtenir une réponse officielle à ce sujet, il invite les Fédérations à agir également directement.
HARCÈLEMENT AU CREDIT MUTUEL
ILE-DE-FRANCE
La section FO du CMIDF à été saisie en avril 2002 par une Salariée en fonction en Agence qui faisait l’objet de harcèlement verbal de la part de son Directeur.
Celle-ci, et afin de mettre un terme à cette situation, en a informé la DRH, et cela s'est soldé par un rendez-vous commun avec le Directeur, la DRH ou strictement rien n'en est sorti sauf une culpabilisation encore plus importante de la salariée.
Les relations étant devenues totalement impossibles, et vu l'état de faiblesse importante de cette collaboratrice, son médecin lui a prescrit un arrêt de travail, avec prises de médicaments.
La Médecine du Travail locale ayant demandé également à voir la Personne, n’a pu que conclure également à une pathologie due à un harcèlement permanent.
Le dossier a été transmis pour suivi également à la Médecine du Travail Départementale.
Pour sa part, le Crédit Mutuel IDF n’a pas réagi.
Suite aux conseils de FO, cette Personne fait appel à un avocat Parisien qui prend contact avec la DRH.
A partir de ce moment-là, les choses s'accélèrent, et la DRH procède à une enquête auprès des anciens collègues de la Salariée.
Conclusion : Le harceleur est licencié après son passage à la Commission Paritaire de Recours, malgré un Avis négatif à son licenciement émis par la CGT/CFDT/CFTC et SNB !!!!!!!!!
Le PREMIER CAS de harcèlement au travail et reconnu enfin par la Direction du CMIDF, vient de s'achever avec :
Ph. TASSAN - FO CMIDF
CFDT CFTC CGC CGT FO SU/Unsa SUD
Pouvoir d’achat, rémunérations, protection sociale :
les revendications, votre soutien.
Au cours des réunions nationales des 3 et 4 novembre, vont être traités, successivement deux sujets : la protection sociale et les rémunérations.
Deux réunions au cours desquelles vos représentants vont présenter à la Caisse Nationale un cahier revendicatif intersyndical avec pour objectif de régler le passif.
Alors seulement, repartant sur des bases saines, nous pourrons aborder, tant en terme de rémunérations que de protection sociale, le futur.
Comme nous voulons que la Caisse Nationale soit bien convaincue que nos revendications correspondent aux attentes de chacun (e) et que chacun (e) est prêt(e) à agir pour les voir prises en compte, nous vous demandons de signer massivement la pétition que vos intersyndicales locales vont vous remettre.
Cahier revendicatif intersyndical
Rattrapage des pertes de pouvoir d’achat
La différence de 6,4 % correspond à la perte de pouvoir d’achat que chacun(e) a subie, quelle qu’ait pu être par ailleurs l’évolution de sa rémunération (intégration de primes, augmentation individuelle, etc.).
a + 6.4 % d’augmentation du salaire mensuel.
Rémunérations annuelles minimales (RAM)
Deux constats :
Il convient dès lors de majorer ces rémunérations minimales.
a revalorisation de chaque RAM de 300 euros mensuels.
Reconnaissance de la maîtrise de l’emploi
Aujourd’hui, il n’y a plus aucune garantie d’évolution de la rémunération alors même que la maîtrise de l’emploi évolue naturellement.
a tous les 3 ans, augmentation mensuelle égale à 30 % du différentiel entre la RAM de l’emploi occupé et celle du niveau supérieur.
Exemple d’un salarié exerçant un emploi de T3 en 2005 et promu sur un emploi en TM4 en 2012 :
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2005 |
2008 |
2011 |
2012 |
2015 |
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T3 |
T3 |
T3 |
TM4* |
TM4 |
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Maîtrise de l’emploi |
65 € |
65 € |
0 € |
53 € |
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Accord " Carrière " |
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75,49 € |
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* en cas de promotion, le délai de 3 ans est remis à 0
Santé, prévoyance, retraite
D’une part, les patrons proposent une baisse de prestation (optique, suppression des dispositifs locaux).
a maintien à minima du niveau actuel de l’ensemble des prestations.
D’autre part, ils proposent, outre des hausses de cotisations salariales (retraite), une nouvelle répartition des cotisations qui se traduit par une hausse significative des cotisations salariales, hausse soit partiellement compensée (santé, prévoyance), soit non compensée (retraite).
Résultat : une perte de pouvoir d’achat significative.
a maintien à minima des niveaux actuels de participation des entreprises.
PETITION INTERSYNDICALE
A l’issue des réunions nationales des 3 et 4 novembre, nous vous ferons part du positionnement de la Caisse Nationale.
Celui-ci peut, soit relever du refus de débattre, soit de la réponse dilatoire. Bien évidemment, ni l’un ni l’autre ne sont satisfaisants.
Nous attendons de la Caisse Nationale la prise en compte de nos revendications et l’ouverture de réelles négociations.
Nous avons la volonté d’aboutir dans l’unité à la satisfaction de nos revendications communes. Cela est possible avec votre mobilisation.
Si nous ne doutons pas du soutien de chacun(e) d’entre vous à nos revendications, il faut que la Caisse Nationale et l’ensemble des employeurs Caisses d’Epargne n’en doutent pas non plus.
De même, il convient qu’ils soient bien convaincus que chacun(e) d’entre vous est prêt à agir pour que les négociations s’ouvrent, sur nos revendications, et aboutissent.
En conséquence, les intersyndicales locales vont vous remettre une pétition individuelle.
Nous vous appelons à signer massivement cette pétition dont le texte sera le suivant :
"J’adhère au cahier revendicatif intersyndical.
Je m’inscris dans la perspective d’un mouvement de grève si la CNCE ne prend pas en compte ces revendications et n’ouvre pas de réelles négociations."
Seul votre engagement nous permettra de faire
aboutir vos revendications.
Le 2 novembre 2005, les secrétaires nationaux