Paris, le 10 septembre 2005

Autres Points :
PLUS DE SALAIRES, MOINS DE PRÉCAIRES
LES MEANDRES DE LA FEUILLE DE SALAIRE


LES CHANTIERS DE LA RENTREE

 

Après quelques incertitudes, la journée d’action a été fixée au 4 Octobre. Elle devrait permettre de manifester le mécontentement que ressentent tous les salariés à l’annonce des différentes mesures prises cet été par le Gouvernement et qui constituent la fameuse "goutte d’eau"...

A la veille de l’annonce des mesures Villepin du 1er septembre, le niveau d’insatisfaction avait atteint un seuil inégalé depuis 1995 avec 73 % de pessimistes quant à l’évolution de la situation économique dans les six prochains mois. Neuf Français sur dix s’attendent à une dégradation de leur pouvoir d’achat. Peccadille !

Il parait peu probable que les mesures annoncées aient permis en 34 heures, de relever significativement le niveau d’insatisfaction observé la semaine passée, sauf à ce que nos concitoyens soient si désespérés qu’ils soient prêts à croire que Villepin est le nouveau messie. Mais allez savoir, par les temps qui courent…. Panem et circenses…, les bonnes recettes marchent toujours.

Concrètement, que nous annonce-t-on, à part une diminution du nombre de tranches d’imposition (ce qui ne va pas entraîner une plus grande participation des plus riches à l’effort de solidarité, loin s’en faut) et ne mettra pas de beurre dans les épinards des plus démunis ?

Peu de choses : essentiellement l’augmentation et la mensualisation de la prime pour l’emploi et l’extension de la prime de 1000 € à tous les bénéficiaires des minima sociaux… Mais il faut s’appeler Laurence Parisot pour s’extasier sur " la responsabilité et la recherche de l’efficacité " du fringant Dominique. En tout cas, rien qui soit susceptible de remettre en cause la mobilisation d’Octobre.

Quant à la profession, Septembre ne devrait pas voir une activité excessivement soutenue. Seule, la négociation SECURITE doit redémarrer le 19. Il faut souligner que c’est pour nous, une négociation capitale. Non seulement parce que nous en fûmes les seuls signataires, mais parce que c’est une de nos préoccupations constantes et que force est de constater que nos efforts en la matière ont été récompensés car les mesures mises en place grâce à nos demandes répétées, ont permis d’accélérer une nette décélération des agressions, et ce de manière régulière chaque année.

L’enjeu demeure pour nous, plus que jamais, la SECURITE DES PERSONNES, thème que nous continuons à considérer comme capital dans une bonne adaptation et une bonne intégration dans un poste de travail. C’est à l’évidence, une des composantes des conditions de travail qui ne souffre pas d’être mise de côté. Nous serons donc encore très exigeants sur le sujet. Une attention particulière sera portée sur le volet des incivilités, forme différente des agressions, mais tout aussi pénalisante psychologiquement que les hold-up, et qui sera intégré cette année à la nouvelle négociation.

Reste à savoir si les autres organisations seront partie prenante ou se contenteront de faire acte de présence. La profession sera-t-elle capable dans le contexte actuel d’avoir une démarche responsable sur ce sujet qui ne devrait normalement pas être polémique ? Nous le saurons rapidement. En tout état de cause, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter de revivre les avatars de l’article 16.

Le tout début Octobre verra la poursuite des travaux sur les métiers repères, qui consistent à insérer les nouveaux métiers dans la grille des métiers repères de la Convention Collective.

Mais bien sûr, le sujet principal, primordial, reste celui des SALAIRES. Ce sera l’occasion de tester notre nouvel interlocuteur, M. Tanguy du Chêné, qui fera son galop d’essai puisque ce sera la première négociation qu’il préside depuis le départ d’Olivier ROBERT DE MASSY. Ses pairs lui reconnaissent un sens des réalités et des dons de négociateur. L’occasion sera idéale pour nous de vérifier si oui ou non, nous avons la même perception des dures réalités de notre quotidien… Bonne chance à lui.

Annie LEFEVRE

 


 

 

PLUS DE SALAIRES, MOINS DE PRÉCAIRES

QUAND LES PRIX GRIMPENT,
LE POUVOIR D’ACHAT TRINQUE!

Depuis un an nous payons plus cher pour :

  1. NOUS LOGER: +3.7%
  2. NOUS DÉPLACER: +4.7% (transport) + 15.7% (carburants)
  3. NOUS CHAUFFER: +39.4 % (combustibles liquides)
  4. NOUS SOIGNER: +2% (service des médecins)

LES REVENDICATIONS FORCE OUVRIÈRE :

AVEC FORCE OUVRIÈRE,

Faisons respecter nos droits et revendiquons
plus de salaires et moins de précaires.

 


 

LES MEANDRES
DE LA FEUILLE DE SALAIRE

Paris, le 7 septembre 2005

Ce document officiel et courant reste souvent assez obscur pour beaucoup d’entre nous. Pourquoi ? Certainement parce que l’on se contente généralement de jeter un coup d’œil au premier chiffre (le brut, référence à notre niveau de qualification) et le dernier, le net (ce qui va réellement dans notre poche) en évitant de s’appesantir sur tous les chiffres intermédiaires, toutes ces retenues que l’on ne voit pas toujours d’un bon œil.

Alors, quand un changement s’opère et vient bouleverser "l’essentiel", c’est-à-dire le chiffre du bas, il devient impératif de décoder tous ces intermédiaires. Qui nous ponctionne encore un peu plus notre dû ?

On sait que la somme que l'on empoche réellement en contrepartie de son travail, est le salaire direct, mais on s'attarde plus rarement sur la part de salaire différé et ses évolutions. Constitué par les charges patronales et salariales, le salaire différé est une fraction de la masse salariale que l'on ne perçoit pas directement mais qui est versée en cas de besoin : maladie, chômage, maternité et plus tard, à l'occasion de la retraite.

LE SALAIRE DIRECT est constitué de plusieurs éléments :

LE SALAIRE DIFFERE : Partie immergée de l'iceberg, cet argent que l'on ne touche pas directement est quand même bien le produit du travail du salarié et il lui appartient bien. D'ailleurs, les employeurs l'intègrent bien dans ce qu'ils appellent le coût du travail ou coût salarial !

Il est constitué de diverses retenues au nom suffisamment évocateur. Ces cotisations sont détaillées risque par risque, en plusieurs éléments : taux de retenue, montant de la retenue, part patronale, part salariale.

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Toutes ces retenues ont donc bien, on le voit, un intérêt réel ou tout du moins pour le dernier une justification historique (la forme étant discutable). De plus, un autre sujet fait débat actuellement : celui de la retenue de l’impôt à la source, comme pratiqué dans d’autres pays qui alourdirait encore la gestion déjà de plus en plus complexe de la feuille de paye…

Et comme dans le cadre des impôts sur le revenu, on a longtemps palabré autour de la simplification du bulletin de paye. Après les premières mesures de 1996, la commission "Turbot" en 1997 recommandait la fusion de nombreuses lignes et la mention de la destination des différents prélèvements par grandes catégories (chômage, Sécu, retraite complémentaire obligatoire, CSG et CRDS, autres charges patronales). 1998 a simplement donné aux employeurs la possibilité de remplacer la mention des cotisations patronales sur chaque bulletin par un récapitulatif annuel. Pour le reste, et notamment avec le nombre croissant de types de contrats et d’organisations de travail, la simplification n’est pas vraiment à l’ordre du jour.

Aujourd’hui, le constat essentiel est que la fiscalisation croissante de la protection sociale plombe de plus en plus les salaires sans pour autant garantir de droit ou contrepartie puisque l’Etat peut désormais procéder à des reversements à des fonds différents en fonction des choix du gouvernement lors de la constitution de la Loi de Finance avec une tendance au transfert des cotisations vers l’impôt.

Compte tenu de la stagnation des revenus et de l’éclatement du revenu en divers postes (commissions sur ventes, primes, rémunérations variables sur objectifs ciblés par métiers, bonus,…) il est désormais plus que temps de mettre un coup d’arrêt à la pauvreté des avancées dans le domaine des négociations salariales.

Les régressions entérinées cet été par le Gouvernement vont catalyser le mécontentement accumulé depuis plusieurs mois du fait de conditions de travail de plus en plus dégradées et de nos salaires " peau de chagrin ".

 

C’EST LE MOMENT OU JAMAIS
DE SE MOBILISER !