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Paris, le 8 novembre 2003 |
Autres Points : |
FAUSSES BONNES NOUVELLES ET VRAIES CALAMITES
Bonne nouvelle : la croissance au troisième trimestre aux États-Unis a atteint un rythme annuel de plus de 7 %. Celle-ci a été boostée par un déficit budgétaire énorme financé par les épargnants japonais et d’autres pays, surtout asiatiques, par un dollar faible, des taux d’intérêts historiquement bas et par l’expansion sans limites de l’activité du complexe militaro-industriel dénoncé dans les temps anciens (les années 50) par un Président républicain : Dwight Eisenhower.
Mauvaise nouvelle : la nouvelle croissance américaine est pauvre en emplois et son effet d’entraînement sur l’Europe et la France en particulier serait, selon les économistes, limité et n’interviendrait qu’au début du deuxième semestre 2004.
Bonne nouvelle : la Commission de Bruxelles a donné un délai à la France pour lui permettre de présenter un plan d’économies budgétaires rendant crédible sa soumission dès 2005 à la règle des 3 % de déficit du budget de l’Etat par rapport au PIB.
Mauvaise nouvelle : le budget 2004 adopté par l’Assemblée Nationale favorise les hauts revenus avec la baisse de l’impôt sur le revenu, et frappe l’immense majorité des salariés, des chômeurs et des retraités, et parmi eux les plus défavorisés, avec notamment l’augmentation des taxes sur le gazole et le tabac et la suppression de l’allocation spécifique de solidarité pour 130 000 chômeurs.
Bonne nouvelle : un français, Jean-Claude Trichet, est devenu le 1er novembre gouverneur de la Banque Centrale Européenne.
Mauvaise nouvelle : celui-ci est connu pour être atteint du syndrome monétaro-sectaire. Ce n’est donc pas demain que la BCE adoptera une politique de taux d’intérêts favorisant la croissance et l’emploi et la politique de l’euro fort contribuera à freiner la reprise durablement.
Bonne nouvelle : tous les politiques nous rebattent les oreilles avec l’affirmation selon laquelle nous avons toujours le meilleur système de santé au monde et que les dépenses qui lui sont affectées ne représentent que 9 % du PIB alors qu’aux Etats-Unis elles atteignent 40 % du PIB avec 40 millions de personnes sans couverture sociale.
Mauvaise nouvelle : le gouvernement prépare une réforme qui va supprimer la couverture d’une bonne partie des petits risques par l’assurance maladie en renvoyant ceux qui pourront payer vers les mutuelles et les compagnies d’assurance. En attendant on dérembourse…
Bonne nouvelle : après une polémique visant à remettre en cause la réduction du temps de travail, le gouvernement referme (provisoirement ?) le dossier, le Président de l’Assemblée Nationale ayant déclaré pour sa part qu’on ne remettait pas en cause une conquête sociale !
Mauvaise nouvelle : malgré les cafouillages, le gouvernement n’a pas renoncé à faire travailler les salariés un jour de plus gratuitement (ce serait alors le jour du Medef !) pour financer l’aide aux personnes âgées dépendantes en dépit des réticences d’une partie de sa majorité et de l’estimation de l’Office Français des Conjonctures Economiques (OFCE) selon laquelle une telle mesure, en basse conjoncture, pourrait coûter 20 à 30 000 emplois.
On pourrait ainsi, sans fin, continuer cette litanie : celle des lendemains qui déchantent… On peut aussi se dire que l’action syndicale demeure le meilleur antidote pour combattre la morosité et les calamités qui nous guettent.
Pierre GENDRE
COMMUNIQUE DE PRESSE
FO SIGNE L'ACCORD SUR LES SALAIRES
MINIMA DANS LES BANQUES
Paris, le 4 novembre 2003
La Fédération FO de la Banque a décidé de signer l'accord sur l'augmentation des minima professionnels pour les banques AFB et les Banques Populaires.
Cet accord va se traduire par l'augmentation de 4 % du niveau A de la convention collective et de 3 % pour l'ensemble des 10 autres niveaux au 1er janvier 2004.
Concrètement, il s'appliquera à 3820 salariés (1½ à 2 % des effectifs totaux) dont 2870 contrats de qualification.
Ainsi, pour les exercices 2003 et 2004, les salariés les moins favorisés auront bénéficié avec l'accord salarial sur les minima de l'an passé (signé par FO et la CGT), de 9 % d'augmentation pour le niveau A, 8 % pour le niveau B, 7 % pour les autres niveaux de techniciens et 5 % en moyenne pour les niveaux cadres.
Ces deux accords successifs permettent de maintenir les minima professionnels dans une logique d'amélioration. Ils contribuent à préserver le rôle de la branche.
En outre, ces majorations sont supérieures à l'inflation prévisible additionnée des années 2003 et 2004, celle-ci devant se situer autour de 4 %.
Pour FO, ces accords ont le mérite de prendre en compte les intérêts des jeunes qui entrent dans la profession notamment à travers les contrats d'alternance.
La Fédération FO de la Banque a pris note par ailleurs de l'engagement de l'AFB de réexaminer le mode de fonctionnement de la garantie salariale individuelle en 2004 et d'étudier la question de la rémunération des jeunes en contrat d'alternance notamment au regard de la rémunération du niveau A de la classification et de celle des auxiliaires de vacances.
Cet accord n'est pas un satisfecit accordé à l'AFB quant à la politique salariale en général suivie par elle-même et par les banques prises individuellement.
Alors que la rémunération moyenne des dirigeants de banques a progressé de 13 % en un an, la Fédération FO de la banque considère que le refus de l'AFB d'accorder des augmentations générales portant sur les salaires réels au niveau de la branche non compensé par des mesures satisfaisantes au niveau des établissements, justifie la poursuite de la mobilisation des salariés notamment par le biais de la signature de la pétition nationale organisée par les cinq fédérations.
En complément de cette démarche, la Fédération FO de la Banque étudie la possibilité d'entreprendre une procédure pour non respect de l'article 42-3 de la convention collective du 10 janvier 2000 qui permet à la branche professionnelle de décider des augmentations générales pérennes ou non pérennes portant sur les salaires réels.
Estimation du nombre de salariés concernés par l'accord salarial 2003
4 % pour le minima A, 3 % pour les minima B à K
|
Niveaux |
Nombre |
Salariés concernés |
% |
|
A |
563 |
86 |
15,28 |
|
B |
6131 |
131 |
2,14 |
|
C |
22018 |
73 |
0,33 |
|
D |
28631 |
18 |
0,01 |
|
E |
22773 |
64 |
0,28 |
|
F |
20539 |
86 |
0,42 |
|
G |
25204 |
169 |
0,67 |
|
Techniciens |
125859 |
626 |
0,50 |
|
H |
26912 |
48 |
0,02 |
|
I |
18080 |
49 |
0,27 |
|
J |
8854 |
85 |
0,96 |
|
K |
5065 |
51 |
1,01 |
|
Cadres |
63560 |
233 |
0,37 |
|
HC |
4649 |
|
|
|
Total |
189419 |
860 |
0,45 |
COMMENTAIRE
: Estimation effectuée sur la base de l'échantillon de l'enquête emploi 2002 soit 189419 salariés. Sur la base de l'effectif total banques AFB + banques populaires, le nombre de salariés concernés devraient être de 1150, rapportés à un total de 253 632 salariés soit 0,45.Il convient, en outre, d'ajouter les salariés en contrats de qualification soit 2870.
Au total, environ 3820 salariés seraient concernés par l'augmentation des minima soit 1,51 % de l'ensemble des effectifs, ou 2 % rapportés au total de l'échantillon.
Extrait de la lettre d'accompagnement
de l'accord du 24 octobre
"Je vous confirme qu'au cours de cette réunion, l'Association Française des Banques s'est engagée à examiner la question de la rémunération des jeunes en contrat d'alternance dans le cadre de la prochaine négociation de branche sur la formation professionnelle prévue en application de l'accord interprofessionnel du 20 septembre 2003. Cette question sera examinée au regard, notamment, de la rémunération du niveau A de la classification de la convention collective et de celle des auxiliaires de vacances, de la durée des périodes de formation des publics concernés, ainsi que des diplômes visés, dans le respect des dispositions législatives et conventionnelles, notamment celles ayant trait à l'application du principe "à travail égal, salaire égal".
Suite au débat ayant concerné la garantie salariale individuelle (GSI), prévue à l'article 41 de la convention collective de la banque, l'Association Française des Banques s'engage également à effectuer au premier semestre 2004 un bilan de son application, dans la perspective – lors de la négociation annuelle de branche sur les salaires en 2004 – d'un examen de son fonctionnement et de ses modalités".
ANNEXE VI
TITRE V - REMUNERATION
GRILLE DE SALAIRES ANNUELS MINIMA DE BRANCHE HORS ANCIENNETE AU 01/01/2004
|
En euros (1) |
En points bancaires (2) |
|
|
Techniciens |
||
|
Niveau A |
14605 |
6825 |
|
Niveau B |
15184 |
7095 |
|
Niveau C |
15834 |
7399 |
|
Niveau D |
17318 |
8093 |
|
Niveau E |
18142 |
8478 |
|
Niveau F |
19791 |
9248 |
|
Niveau G |
21937 |
10251 |
|
Cadres |
||
|
Niveau H |
24315 |
11362 |
|
Niveau I |
29708 |
13882 |
|
Niveau J |
35894 |
16773 |
|
Niveau K |
42713 |
19959 |
(1) 1 euro = 6,55957 francs.
(2) Valeur du point bancaire = 2,14 euros.
En gras montant en euros de l'augmentation
ANNEXE VII
TITRE V - REMUNERATION
GRILLE DE SALAIRES ANNUELS MINIMA DE BRANCHE A L’ANCIENNETE AU 01/01/2004
En euros (1)
| A 5 ans | A 10 ans | A 15 ans | A 20 ans | |
|
Techniciens |
||||
|
Niveau A |
14968 |
15417 |
15879 |
16355 |
|
Niveau B |
15561 |
16029 |
16509 |
17004 |
|
Niveau C |
16228 |
16715 |
17216 |
|
|
Niveau D |
17749 |
18283 |
18829 |
|
|
Niveau E |
18594 |
19153 |
19728 |
|
|
Niveau F |
20285 |
20894 |
21521 |
|
|
Niveau G |
22483 |
23159 |
23853 |
|
|
Cadres |
||||
|
Niveau H |
24921 |
25670 |
||
|
Niveau I |
30448 |
31360 |
||
|
Niveau J |
36787 |
37891 |
||
|
Niveau K |
43776 |
45089 |
(1) 1 euro = 6,55957 francs.
En gras montant en euros de l'augmentation