Paris, le 6 septembre 2003

Autres Points :
ANALYSE ENQUETE EMPLOI AU 31.12.2002
ENQUETE REMUNERATION


LA RENTREE ? NON, PAR ICI LA SORTIE !

 

Après la sortie définitive de plus de 10.0000 personnes âgées pendant l’été caniculaire en raison de l’imprévoyance sociale, voire sociétale, il faut s’attendre maintenant à la sortie du monde du travail de plus de 20.000 salariés si l’on s’en tient aux projets de licenciements connus et annoncés par : Giat industrie, Air Lib, Alsthom, Astrium, Reutfabrick, Grimaud logistic, Hewlett Packard, Alcatel, Schneider électric, Matra automobile, Sollac Atlantic, Métalleurop Nord, Française de Mécanique, Altadis, Doux, Daewoo-Orion, Marine Télécom, ST Microélectronics, Canal +, etc.

S’agissant des personnes âgées on notera que pour améliorer leur sort le gouvernement envisage de sortir 1 jour de la liste des jours fériés –soit un jour de travail en plus sans rémunération supplémentaire- ce qui provoque les applaudissements du Medef (tout bénéfice pour les employeurs) et l’approbation de 8 français sur 10 d’après un sondage express réalisé fin juillet. Ils n'étaient plus que 54 % à approuver cette proposition dans un sondage réalisé par l'IFOP pour le journal du dimanche le 31 août. Le résultat de ces sondages doit pouvoir s’expliquer par la compassion et la mauvaise conscience sur lesquelles le gouvernement s’appuie pour faire oublier ses responsabilités dans la gestion catastrophique de cette crise sanitaire. On hésite à penser que les salariés seraient gagnés par la beauté de la charité obligatoire qui renvoie aux samedis communistes, travail non payé imposé jadis dans les soi-disant démocraties populaires. Les allemands ont déjà adopté une telle mesure et nous nous abstiendrons de tout commentaire berlusconien à cet égard. Pour autant, faut-il les imiter ?

Aux licenciements envisagés, il faut ajouter ceux qui ne sont pas encore divulgués, les conséquences sur les sous-traitants qui vont licencier à leur tour et, comme presque tout le monde le prédit, nous retrouverons en fin d’année un taux de chômage officiel à deux chiffres. Ces destructions d’emplois traduisent l’accentuation du processus de désindustrialisation du pays qui va se poursuivre avec l’élargissement de l’Europe. Le coût de la main d’œuvre chez les nouveaux états membres est évidemment très alléchant pour des entrepreneurs dont l’attachement au territoire national et à ses habitants ne résiste pas à la perspective d’un meilleur enrichissement personnel et pour leurs actionnaires. Ils peuvent même délocaliser leurs activités en Inde ou en Afrique du Nord s’agissant du secteur tertiaire.

C’est ainsi qu’une étude réalisée par Deloitte Consulting indique que les services financiers auront délocalisé 350 milliards d’euros d’activité d’ici 2008 et 2 des 13 millions d’emplois de ce secteur, en particulier dans l’informatique et les systèmes d’information et de communication.

On notera incidemment que la hausse du chômage rendra encore plus aléatoire le financement de la protection sociale collective et par conséquent de la réforme des retraites qui repose en partie sur une amélioration de la situation de l’emploi qui semble aujourd’hui hors de portée. En 2008, prochain rendez-vous sur les retraites, faudra-t-il aussi imiter les suédois, et bientôt les allemands, qui ont fixé l’âge de la retraite à 67 ans.

Les baisses d’impôts et de charges sociales sans contrepartie ont déjà démontré leur innocuité : les cadeaux fiscaux aux plus fortunés alimentent leurs placements financiers. Globalement, le taux d’épargne des français n’a jamais été aussi élevé et la consommation, moteur de la croissance, a baissé de 0,2 % au deuxième trimestre 2003 entraînant une baisse de 0,3 % du PIB pour la même période. On sort de la croissance pour entrer dans la déflation !

A propos de l’épargne, on pourrait craindre, selon certaines estimations, la sortie des livrets A, dont le taux de rémunération a été diminué de 0,75 % fin juillet, d’à peu près 40 % des épargnants ayant eu recours à cette formule de placement. Drainer 150 milliards d’euros vers les marchés financiers est d’ailleurs le but recherché et non pas celui d’améliorer le financement du logement social par le biais de la baisse des taux.

Malgré un déficit budgétaire galopant et des besoins croissants en terme d’amélioration des services publics, le gouvernement entend poursuivre une politique qui prive l’Etat de recettes fiscales et qui favorise les vrais nantis en espérant vainement un renvoi d’ascenseur.

Au rayon des sorties, il faudra également ajouter celles qui vont résulter des purges, pas seulement statistiques, auxquelles procèdent régulièrement l’ANPE et l’UNEDIC. Combien de chômeurs seront en définitive victimes du PARE, rejeton diabolique du couple maudit MEDEF/CFDT ?

Celui-ci s’apprête encore à sévir comme il l’a déjà fait pour les retraites, dans le cadre de l’assurance maladie. Là aussi il y a des sorties : les médicaments déremboursés. Mais, même si le Président de la République a affirmé le 14 juillet que l’assurance maladie à la française n’avait pas besoin d’une grande réforme, nous savons que des projets existent pour sortir de la couverture par l’assurance maladie une partie des dépenses de santé. Ainsi parle-t-on d’un forfait de 0,50 euros sur chaque boite de médicament et d’un forfait d’un euro par feuille de soins qui resteraient à la charge du patient. En attendant pire encore…

Curieusement dans ce contexte morose les bonnes nouvelles viennent des banques. Un quotidien a produit récemment un titre évocateur : " les banques européennes à nouveau en forme ". Seules les banques allemandes connaîtraient encore quelques difficultés qui devraient disparaître grâce à quelques milliers de suppressions d’emplois supplémentaires. Pour les banques françaises l’emploi demeure stabilisé pour l’instant. On prendra connaissance des commentaires de l’AFB en pages 3 à 6 concernant les statistiques sur l’emploi et les rémunérations au 31/12/02.

S’agissant des titres de la presse, on se souviendra notamment du " BNP Paribas bonnes performances au 1er semestre " et du " Résultat record pour la Société Générale au premier semestre ", au moment de la négociation salariale de branche. Tant que cela durera, peut-être que les directions des banques éviteront de trop dire à leurs salariés : " par ici la sortie !".

Pierre GENDRE

 

 

 


 

ANALYSE DES RESULTATS DE L'ENQUÊTE EMPLOI
AU 31 DECEMBRE 2002

 

I - Evolution des effectifs entre 2001 et 2002 (Echantillon constant entre 2001 et 2002)

Les effectifs réels rémunérés des banques commerciales (y compris les banques populaires) ont évolué de + 1,1 % en 2002 contre + 3,3 % en 2001 et -0,5 % en 2000.

Le recul des effectifs de la catégorie "techniciens" : - 1,7 % est imputable principalement au départ du personnel recruté dans les niveaux "A et B", en majorité en CDD, en 2000 et 2001, notamment pour le passage à l'euro. Il s'explique également par les nombreuses promotions de "techniciens" dans la catégorie cadres.

La progression des cadres reste forte (7 %), plus élevée pour les femmes que pour les hommes (11,5 % contre 5 %) et la différence est encore plus sensible pour les cadres hors classification (+ 14,8 % pour les femmes et 2,2 % pour les hommes).

Le turn over est encore important en 2002 avec un taux d'embauche de 9,9 % et un taux de départ de : 8,8 % (respectivement 10,8 % et 7,9 % en 2001).

Le taux d'embauche des techniciens est sensiblement plus fort que celui des cadres (10,7 % contre 8,2 %) mais si les premiers sont recrutés à part égale en CDD et en CDI et 85 % ont moins de 30 ans les cadres embauchés le sont à près de 90 % en CDI et 59 % ont moins de 30 ans. Comme en 2001, deux sur trois ont un niveau inférieur à Bac + 4 et à ce niveau d'études les entreprises embauchent 2 femmes pour 1 homme. Avec une qualification supérieure (Bac + 4 ou plus), elles recrutent à peine plus d'hommes que de femmes (51,9 % contre 48,1 %).

Le taux de départ est passé de 7,9 % en 2001 à 8,8 % en 2002, respectivement 9,9 % pour les techniciens et 6,4 % pour les cadres. Cette proportion relativement élevée chez les techniciens s'explique par le départ des salariés recrutés en 2001 pour le passage à l'euro, principalement en CDD ; en effet, au sein de cette catégorie, 57,8 % des départs correspondent à des fins de CDD. Parmi les cadres, les principaux motifs de départ sont les démissions et les départs en retraite.

Les transferts vers une autre entreprise du groupe sont moins importants que les années précédentes et ne représentent que 3,5 % des départs.

Le taux de promotion est légèrement supérieur en 2002 : 11,6 % contre 11,1 % en 2001 avec comme l'année précédente une proportion plus forte de femmes que d'hommes.

 

II – Structure des effectifs au 31 décembre 2002

Fin 2002 la catégorie "techniciens" représente les 2/3 du total des effectifs contre
68,3 % fin 2001.

Le taux de féminisation est stable (53,6 %). La part des femmes cadres continue d'augmenter : 20,4 % d'entre elles contre 18,6 % en 2001 dont 0,6 % de hors classe (respectivement 48,7 % et 4,6 % chez les hommes).

La répartition Paris-Province évolue encore au profit de la province dont les salariés représentent 57,8 % des effectifs métropolitains (55,1 % fin 2001).

La pyramide des âges a cessé de se déformer ; désormais la moitié des effectifs a plus de 45 ans et la moyenne d'âge est égale à celle observée fin 2001 : 42,9 ans (44 ans pour les hommes et 42 ans pour les femmes).

La proportion de CDD (contrat à durée déterminée) dans l'ensemble des contrats :
1,8 % est beaucoup plus faible que celle constatée dans l'ensemble des secteurs de l'activité économique dans les entreprises de plus de 10 salariés (6,3 % fin 2002).

L'ancienneté moyenne continue de diminuer : 17,6 ans (contre 18 ans en 2001 et
19,6 ans en 2000) ; plus d'un salarié sur cinq (22,8 %) a moins de 5 ans d'ancienneté et 53 % ont plus de 20 ans (respectivement de 13,5 % et 60 % en 2000).

L'amélioration du niveau de qualification se poursuit encore en 2002 : 40 % du personnel a un diplôme supérieur à "Bac + 2". En revanche la proportion de salariés n'ayant pas acquis de diplôme bancaire augmente sensiblement : 61,4 % contre 51,9 % en 2001 et 49 % en 2000.

La répartition des effectifs par métiers repères est très voisine de celle observée en 2001. Au sein des techniciens, 41,5 % sont à l'accueil et au service des particuliers et 24,7 % sont des techniciens administratifs des opérations bancaires ; parmi les cadres, les responsables point de vente sont les plus nombreux (14,9 %) suivis par les responsables de projet informatique et organisationnel (8,2 %).

Le temps partiel a progressé sensiblement en 2002 : 13,8 % contre 10,7 % en 2001, principalement la tranche d'âge "45 ans et plus" qui représente en 2002 58 % des salariés travaillant à temps partiel.

Les hommes représentent près de 15 % des salariés à avoir choisi de réduire leur temps de travail dans le cadre de la préretraite (9,6 % en 2001), mais leur taux de temps partiel est de 4,2 % contre 22,1 % chez les femmes.

En 2002, le temps partiel préféré des salariés de la Banque reste 4/5ème de temps. La forte proportion du temps supérieur (entre 4/5 et la durée légale) est imputable à la présence dans cette tranche de salariés encore soumis à la loi Robien.

Dans l'ensemble des secteurs de l'activité économique, la proportion de salariés (dans les entreprises de plus de 10 salariés) travaillant à temps partiel est très voisin (13,9 % fin 2002).

 

 

 


 

ENQUÊTE REMUNERATION

 

L'enquête "Rémunération" de l'année 2002 concerne :

Un échantillon de banques commerciales et le groupe des banques populaires.

Les salariés à temps plein relevant de la convention collective de la banque du 10 janvier 2000 classés par catégorie (techniciens des métiers de la banque et cadres) et par niveau (A à K).

Ne sont pris en compte que les salariés présents du 1/10/2002 au 31/12/2002.

Les salaires de base annuels moyens en euros, à l'exclusion de toute prime fixe ou exceptionnelle ainsi que tout élément variable.

Avertissement

En 2001, les résultats de l'enquête sur les rémunérations ont été perturbés par les embauches sous contrat à durée déterminée pour le passage à l'euro fiduciaire. En 2002, suite à ce phénomène, les effectifs concernés dans les niveaux A, B et C ont été sensiblement réduits. Ainsi le nombre de salariés a diminué de 78 % au niveau A, 43 % au niveau B et 13 % au niveau C.

Ceci a eu aussi pour conséquence la baisse du salaire moyen des trois premiers niveaux de techniciens et la stagnation de la rémunération moyenne des techniciens. En 2002, l'effet inverse se produit et comme en 2001 une double présentation des évolutions salariales a été effectuée en excluant les niveaux A, B et C.

Synthèse des résultats

Fin 2002 la rémunération moyenne des salariés à temps plein est de 31.537 €, en progression de 3,5 % par rapport à 2001 et de 2,2 % hors niveaux A, B et C.

La moitié des salariés gagnent plus de 28.135 € par an (salaire médian ou 5ième décile) ; les 10 % les mieux rémunérés perçoivent plus de 48.849 € (neuvième décile) et les 10 % les moins payés moins de 20.871 € (premier décile).

La dispersion globale des salaires mesurée par le rapport interdécile D9/D1 est stable par rapport à 2001. La fourchette des rémunérations dans laquelle se situent 80 % des salariés (en excluant les 10 % les mieux payés et les 10 % les moins payés) est de 1 à 2,36 fin 2002 contre 1 à 2,34 fin 2001.

Dans la catégorie "techniciens des métiers de la banque", l'éventail des salaires est de 1,60 (1,64 fin 2001) et parmi les "cadres" les 10 % les mieux payés ont un salaire près de deux fois supérieur à celui des 10 % les moins payés (D9/D1 = 1,97).

Comme en 2001, le salaire moyen d'un cadre par rapport à celui d'un technicien des métiers de la banque est 1,7 fois plus élevé.

L'analyse des différences entre salaire moyen et salaire médian montre que la distribution des salaires des techniciens est presque symétrique autour de la moyenne (salaire moyen = salaire médian).

En revanche pour les cadres le salaire médian étant inférieur au salaire moyen
(40.775 € contre 43.431 €), la distribution des salaires est plus dispersée pour les salaires les plus élevés.

Le salaire moyen annuel des femmes, qu'elles soient "techniciens" ou "cadres", est inférieur à celui des hommes, respectivement 24 .51 en € et 26.451 € pour la première catégorie, 40.452 € et 44.831 € pour les cadres.

Néanmoins en 2002, la progression des salaires moyens (toutes catégories confondues) est identique pour les femmes et pour les hommes : + 2 %.